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  • Hubert Marlin

L’illusion de la Démocratie et la Réalité des Monarchies Républicaines et Présidentielles


Les adeptes de la science sociale estiment qu’une fois que les sociétés se sont sédentarisées, avec ce que l’on a appelé la domestication des ressources et la création des villages et des villes il a fallu harmoniser la société en créant un système qui dirige les hommes. Le pouvoir politique pour certains, devint donc une nécessité qui ne pouvait qu’être logique. L’ordre des choses pour une vie harmonieuse, devint ainsi l’ordre de la nature. Même si la nature humaine, (égoïsme) ou environnementale (catastrophe naturelle) contenaient en elles-mêmes des règles ou logiques qui ne militaient pas forcement pour une harmonisation de la société, le pouvoir politique est apparu comme un consensus un artifice, qui résulte d'un accord passé entre les hommes pour juguler des conditions jugées dangereuses pour le bien de tous. Aussi, dans les sociétés plus égalitaires, l’autorité fut dévouée à ceux qui par leur carrure étaient à même de garantir un ordre social qui profiterait au bien-être de tous ; même si l’histoire de l’humanité prouve plutôt, que c’est ceux qui ont une plus grande influence sur les autres ; influence conférée en général par le monopôle de la violence, qui ont souvent réussi à imposer leur loi et à réguler la société comme bon leurs semblaient.


Depuis toujours la violence est indissociable de l’exercice du pouvoir, même si cette violence n’est pas toujours exprimée contre la société, elle reste la garantie de l’exercice du pouvoir politique ; car ceux qui incarnent les états modernes ont souvent le privilège du monopole de la violence. Aussi, la force de la loi, n’est rien sans les hommes qui font les lois ; et les hommes qui font les lois sont ceux qui exercent le pouvoir politique. Une logique qui met à mal le principe de liberté, ou de démocratie des états modernes, aussi bien dans les démocraties occidentales, et ce que l’on a coutume de communément appeler dictature dans le tiers-monde . .


Le modèle de régime présidentiel fort, aussi bien aux Etats-Unis qu’en France a donné naissance à ce qu’il convient d’appeler monarchie présidentielle, de par l’accumulation exorbitante des pouvoirs entre les mains des présidents. Une attitude qui n’est pas loin de rappeler l’exercice du pouvoir politique dans les dictatures qui font la pluie et le beau temps sous les tropiques.

Le modèle de régime présidentiel fort, aussi bien aux Etats-Unis qu’en France a donné naissance à ce qu’il convient d’appeler monarchie présidentielle, de par l’accumulation exorbitante des pouvoirs entre les mains des présidents. Une attitude qui n’est pas loin de rappeler l’exercice du pouvoir politique dans les dictatures qui font la pluie et le beau temps sous les tropiques. Cependant si en occident le constitutionalisme implique une alternance à la tête des Etats, par le jeu des élections, qui garantissent un changement constant à la tête des monarchies présidentielles occidentales, même si l’on peut légitimement admettre que c’est toujours la même classe politique qui est aux affaires depuis à peu près deux cents ans en occident, en Afrique francophone, les monarchies présidentielles sont inamovibles, et comportent tous les éléments visibles d’un pouvoir monarchique, de par le népotisme et l’extrême longévité au pouvoir des présidents en fonction, qui n’hésitent pas à tripatouiller les constitutions pour s’éterniser au pouvoir. Si dans les républiques dignes de ce nom les présidents exercent un mandat limité dans le temps ; dans les monarchie présidentielles la limitation des mandats est un verrou constamment violé.

André Mbata Mangu professeur à la faculté de droit de l’université de Kinshasa, dans un article sur ce qu’il a appelé le syndrome des 3e mandats, estime que « Le concept de ‘monarchie présidentielle’ ou de ‘monarchisation de la présidence’ renvoie à un régime politique qui est constitutionnellement une république, mais qui au travers des tripatouillages constitutionnels et des fraudes électorales finit par fonctionner comme une monarchie à cause de la volonté du chef de l’État de se maintenir au pouvoir en faisant sauter tous les verrous de limitation du mandat présidentiel, de se comporter en monarque quasi-absolu ayant concentré entre ses mains tous les pouvoirs d’État, y compris les pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire qui sont transformés en chambres d’enregistrement, et aussi à cause des pouvoirs reconnus aux membres de sa famille (frères, sœurs, mère, cousins, oncles, tantes, neveux et autres parents) alors que ces derniers n’exercent aucune fonction publique officielle. Ces parents sont traités comme des princes dans une monarchie. Ils sont même désignés par les titres ‘Excellences’ (Excellence Madame la Première Dame, Excellence Madame la Sœur du Président, Excellence Monsieur le Cousin du Chef de l’État…) et viennent immédiatement après le président de la République dans l’ordre protocolaire. Il arrive que la présence à une manifestation officielle de la femme, du frère, de la sœur, de l’oncle ou de la tante du Président lui donne préséance sur le Premier Ministre et les ministres. Pour un membre du gouvernement ou toute autre autorité publique, ignorer leur présence constituerait un crime de lèse-majesté assimilé à un outrage au chef de l’État avec des conséquences pouvant aller jusqu’au limogeage, à la révocation ou à l’emprisonnement.


En Occident pourquoi la democratie est morte dans des pays comme la France ou les Etats-unis ? lire plus sur www.flashmag.net
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