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  • Hubert Marlin

L’ ADN et l’Espionnage


La science est devenue un danger que l’ignorance des profanes décuple. Les savants et ceux qui les emploient à l’ère de l’hyper technologie, s’arrogent un boulevard de possibilités libertines, qui n’ont d’égales que la passivité de l’ignorance répressive de la populace mondiale, dont la majorité vit dans un monde qu’elle ne maîtrise plus les tenants et les aboutissants. Le réveil brutal de certains lorsqu’ils se retrouvent confrontés à des situations périlleuses dans lesquelles l’ignorance les y a plongée est souvent vite oublié par la grande majorité, qui pense que les déconvenues n’arrivent qu’aux autres. L’ADN, la porte vers notre code génétique, que nous déposons partout où nous passons, soit par notre touché , notre salive, nos cheveux, notre sueur… ; est en train de devenir un boite de pandore.

L'artiste Heather Dewey-Hagborg diplômé de l’Université de New-York a utilisé l'ADN "trouvée ça et là " sur des bouts de gomme, des mégots de cigarettes ou des mèche de cheveux, et les a séquencés pour créer des masques destinés à ressembler aux personnes qui avaient laissé leur ADN dans les lieux public. Le travail de l’artiste américaine visait à attirer l’attention du public sur les dangers de la dispersion involontaire des traces d’ADN des individus, et depuis elle propose de déguisé l’ADN des individus en la mélangeant aux autres ADN d’origines animales ou humaines afin que ces dernières soient inutilisables. En dehors de l’usage médical ou filiatif, l’ADN depuis a des applications plus que vastes. Une entreprise appelé "PooPrints" basée aux Etats-Unis a commencé à offrir un service dans lequel elle séquence l’ADN des fèces de chien, dont les propriétaires n’ont pas jugé bon de ramasser après que leurs meilleurs amis aient fait leur besoins dans les milieux publics. Les fèces de chien après séquençages, permettent de brosser le portrait des chiens et de retrouver leur propriétaires. Si trouver les chiens et leur propriétaire aide certaines communes à réprimer les usagers indélicats, il ne reste pas moins préoccupant de savoir que la même application peut être réalisée avec l’ADN humaine. Dans les annales de la justice on trouve de plus en plus des cas de présence d’ADN de personnes parfaitement innocentes dans les lieux de crimes. Selon les informations révélées par Wikileaks le 28 novembre 2010. En juillet 2009, un câble confidentiel provenant du Département d'État des États-Unis qui à l’époque était sous la férule de la secrétaire d'État américaine Hillary Clinton, a ordonné aux diplomates américains d'espionner Ban Ki-moon, alors secrétaire général des Nations Unies, ainsi que d'autres hauts fonctionnaires de l'ONU. Les diplomates américains avaient reçu l’ordre de rassembler des informations biométriques qui incluaient apparemment des relevés d’ADN, des empreintes digitales et des iris, des mots de passe et des clés de chiffrement personnelles utilisées dans les réseaux privés et commerciaux pour les communications officielles. Si l’on n’a pas une idée précise de ce à quoi auraient servi ces informations volées il ya lieu de dire qu’en dehors du vol des données, les traces d’ADN auraient aussi bien pu être utilisées pour faire chanter des hauts fonctionnaires des Nations unis, afin qu’ils usent de leur position pour influencer certaines décisions au bénéfice des Etats-Unis.

Si les échantillons d’ADN du secrétaire des Nations unis venaient à se trouver dans une scène de crime, par ce qu’ils auraient été introduits de manière criminelle et que l’on lui demandait d’influencer la politique onusienne dans des dossiers délicats il est fort à parier que pour taire le scandale il aurait probablement obtempéré. A tout le moins des accusations si graves auraient probablement conduit à sa perte de crédibilité .

En dehors des applications qui font planer une ombre dangereuse dans la manipulation de l’ADN à des fins loufoques, il n’en demeure pas moins vrai que la structure d’ADN a des usages qui s’avèrent de plus en plus intéressants dans l’espionnage classique.

Des scientifiques américains ont récemment mis au point un moyen d'utiliser le code génétique (ADN) comme code d'espionnage pour transférer des informations en secret. Étant donné qu’ il n'y a que quatre lettres chimiques dans le code ADN, A (adénine), T (thymine), G (guanine) et C (cytosine) et 26 lettres dans l'alphabet, plusieurs lettres ADN sont attribuées pour chaque lettre, par ex. ATG dans l'ADN pourrait représenter H dans un code. En utilisant des techniques de génie génétique, le bio-technicien réunit toutes les séquences d'ADN qu'un espion respectable peut utiliser. L’espion transporte ensuite le message sous une forme impossible à lire par l'ennemi, puis lit et décode le message lorsqu'il atteint sa destination. L'ADN enduit sur le papier survivra assez longtemps pour être transporté à un endroit où il pourra être analysé. Le message peut être déguisé en le mélangeant avec des brins d'ADN obtenus à partir de cellules vivantes. Ainsi, si le message tombe entre de mauvaises mains, il serait difficile de savoir quel filament d’ADN contient le message, en plus de savoir quelle clé a été utilisé pour chiffrer le texte.

Dans le domaine scientifique et militaire, le développement de micro-véhicules aériens, (MAV) qui sont des objets destinés à aller dans des endroits qui ne peuvent pas être atteints (en toute sécurité) par des êtres humains ou d'autres types d'équipements, l'une des principales applications militaires envisagées pour les MAV est la collecte de renseignements (par l'utilisation clandestine de mini caméras, microphones ou d'autres types de capteurs); Parmi les applications les plus extrêmes de ces dispositifs, on peut citer l’utilisation éventuelle d’armes de type «essaim» qui pourraient être lancées en masse contre les forces ennemies. Aussi selon certaines information les drones espions de la taille d’ insecte contrôlés à distance et équipés d'une caméra et d'un microphone, pourraient atterrir sur des personnes et potentiellement prélever des échantillons d'ADN, au pire injecter par une piqûre une puce nanotechnologique qui permettrait de traquer les faits et gestes des individus.

La biotechnologie intéresse de plus en plus des entreprises classiques de l’informatique, dans une espèce d’hybridation. Aussi, l’ADN semble trouver des applications importantes dans le stockage des données. Le stockage de données d'ADN implique la traduction des 0 et 1 binaires de données numériques en séquences des quatre bases A, C, G et T qui constituent l'ADN. Les séquences codées sont synthétisées et stockées dans des flacons. Une machine de séquençage d'ADN décode ensuite les données en récupérant les séquences des molécules d'ADN.

Dans un article publié en 2016 dans la revue BioMed Research International, les chercheurs ont constaté que l'ADN pouvait stocker des informations de manière plus longue, jusqu'à environ 425 000 ans, tout en nécessitant beaucoup moins d'énergie et des températures moins élevées que les disques durs conventionnels. Des centaines de méga-octets de données ont été encodés par l’ADN au cours des dernières années par des scientifiques. Mais plus récemment, non seulement les médias ont été parfaitement stockés dans la variante synthétique des instructions génétiques qui constituent toute la vie organique, mais les fichiers de données archivés ont également été récupérés individuellement sans erreur. Et ceci grace à l’avancée des recherches des scientistes de l’Université de Washington et de Microsoft, qui annonce pour 2020, la mise en place d’une centrale de données basé sur l’ADN, intitulé NAM (nucleic acid memory) dans son cloud. Dans les années à venir certains individus pourront sans doute vendre, ou se faire voler certains échantillons de leur ADN afin que ces derniers soient transformés en mémoire d’acide nucléique; à moins que les centaines de milliers de personnes qui procurent volontairement les échantillons de leur ADN aux entreprises dans l’optique d’une recherche sur leur lignées ancestrales ne deviennent eux même des produits, de consommation dont les données génétiques pourraient même être piratées par des cyber criminels. Le stockage de l'ADN permettrait de stocker tous les films du monde dans un périphérique de stockage pas plus gros qu'un cube de sucre, et on pourrait stocker toutes les informations du monde dans une boîte à chaussures. Les scientifiques ne travaillent plus "seulement" avec l'ADN à quatre bases nucléotidiques, à savoir A, G, C et T, mais avec un nouvel ADN à six nucléotides, qui possède des nucléotides X et Y supplémentaires. Ceci pourrait à la longue permettre de Stocker sans doute toutes les informations du monde sur un appareil pas plus grand qu'un grain de sable et avoir de l’espace restant.

L’ADN organique (acide désoxyribonucléique) est rencontrée en étudiant les gènes qui composent les organismes vivants. De grandes quantités d’informations y sont conservées pendant longtemps. Un fémur humain âgé de 45 000 ans a été séquencé ou décodé, il ya quelques années. L’ADN synthétique est un support de stockage attractif car il peut en théorie , stocker 10 millions de fois plus de données que la bande magnétique dans le même volume et survit pendant des centaines de milliers d’années. En définitive si en général les hommes déposent leur ADN partout où ils passent, il est aussi vrai que la vie sociale fait en général que cette ADN soit facilement corrompue par l’ADN des autres humains ou même des animaux. Après avoir bu dans un verre ce dernier serait ramassé par une serveuse ou serveur qui à son tour déposerait son ADN tout comme d’ailleurs ceux chargés de faire la vaisselle. Si, l’interaction humaine en général aide à masquer les ADN individuelles, ce n’est pas le cas lorsque, expressément on se fait prélever des échantillons de son ADN ou que l’on est forcé par la police par exemple de soumettre son ADN y compris lors des contrôles de routine ; car aux Etats-Unis désormais une loi donne le droit à la police de prendre les échantillons d’ADN des gens qu’elle interpelle, pour besoin d’enquête.

Une fois que les ADN sont prélevées elles sont stockées dans des banques de données, et les usagers qui réclament que l’on efface leur génome humain dans ces banques de données ont rarement eu gain de cause. Le séquençage de l’ADN des individus lorsqu’il est conservé dans les banques de données publiques voir même privées contient des informations capitales qui peuvent être utilisées contres des individus Il existe de plus en plus des cas où la présence de certains gênes dans l’ADN des individus les a empêcher d’avoir accès à des emplois ou même des mandats électifs. Lors d’une campagne électorale si les équipes adverses découvrent que leur challenger à des gènes susceptibles de lui permettre de développer une maladie comme celle d’Alzheimer ils ne se priveront pas à utiliser cette information pour leur gain politique.

La vraie vanité c’est l’orgueil de la science, tant que certains estiment qu’il faille faire ce qui est possible même si cela va à l’encontre de la morale, le monde tel que nous le connaissons depuis des milliers d’années sera toujours une entité menacée de disparition et ceci de manière pérenne.

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Hubert Marlin Journaliste


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