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  • Hubert Marlin

Sous-développement Conditions Naturelles et Populations


Le 20 janvier 1949, dans son discours sur l'état de l'Union, le président des États-Unis Harry Truman employait pour la première fois le mot « sous-développé » (underdeveloped) Alors que la guerre froide commençait à peine, le président américain avait compris qu’il fallait trouver une formule pour mettre une bonne partie du monde sous le joug occidental en disant lancer un programme audacieux pour sauver de la misère les pays du tiers monde. En fait il donnait le point de départ à une politique de néo colonisation qui allait imposer un système de crise dans les pays dits sous-développés.

La légère embellie que l’on constate dans les année 60 et 70 dans les pays sous développés était dû à un facteur que l’on a tôt fait d’oublier dans les annales de l’histoire. Après la seconde guerre mondiale, les Etats-Unis avec les programmes comme le lend lease qui permettait aux pays en guerre d’acheter de l’armement et des commodités pendant la guerre, se retrouvent avec des excédents financiers faramineux. Il faut réintroduire cet argent dans le marché pour éviter une inflation. L’Europe bénéficiera du plan Marshall qui lui permet de se reconstruire encore plus vite, car les Etats-Unis veulent contrer l’influence de l’union soviétique dans le bloc de l’Ouest et s’attèlent à supplanter avec le plan Marshall les activités de la Banque mondiale , qui à l’origine se nomme la (Banque internationale pour la reconstruction et le développement), le texte fondateur en juillet 1945 lui attribut deux objectifs principaux : contribuer au financement de la reconstruction des pays détruits au cours de la deuxième guerre mondiale ; et octroyer des prêts pour favoriser le développement des pays arriérés; l’expression utilisée couramment avant que n’entre dans le vocabulaire, celle de pays sous développés et en voie de développement. Pendant que l’Europe bénéficiera du plan Marshall, la banque mondiale elle aussi bénéficiant de grosses liquidités par ce qu’étant directement liée au gouvernement américain s’efforcera d’investir cet argent dans les économies du tiers monde. La situation sera encore plus favorable par ce qu’à partir des années 60, l’Europe dans sa quasi-totalité est reconstruite et cette reconstruction va créer une autre bulle qui générera des flux financiers européens, qui seront investis dans les économies extractives du tiers monde, influençant le tissue économique local avec les cultures de rentes et de la machinerie servant à l’extraction des matières premières, comme le chemin de fer servant à l’acheminement du bois, les ports ou la construction des mines et l’installation des exploitations pétrolifères.

Dès les année 70 les investissements qui allaient plomber le devenir des pays du tiers monde enrobé d’accords inégaux signés pendant les indépendances factices avec les puissances coloniales, atteignent leur point de satiété. Les pays du tiers monde qui au départ avaient bénéficié des prêts sur la base d’intérêts insignifiants et espéraient dès lors, rembourser au plus vite les crédits contractés à la Banque mondiale et aux banques européennes comme le club de Rome, ou de Paris, seront pris dans un piège létal. Avec la crise de la dette sciemment créée pour nuire à l’émergence des anciennes colonies, et les plonger dans la servitude perpétuelle.

Les années 80 verront une révision à la hausse des taux d’intérêts, et pire les termes de l’échange, seront revus, n’obéissant qu’à l’humeur des pays occidentaux qui en fait avaient investi l’argent des profits du plan Marshall et de la banque mondiale pas par pour aider les pays sous-développés, mais pour mieux viabiliser leur exploitation servile du tiers monde. Ainsi commençait un système de crise. Il est à noter cependant qu’en 1945 la France poussera plus loin le cynisme en créant par le F CFA un système encore plus prédateur, inspiré de l’occupation Nazi de la France. La France encaisse par le stratagème CFA, tous les avoirs des transactions économiques de la zone FCFA au niveau international pour soi-disant garantir la convertibilité du franc CFA et protéger la zone « franche » des remous de la conjoncture économique mondiale. Pire lorsque que l’Afrique dites francophone inféodée par le CFA, commerce directement avec la France elle ne reçoit pas de devises étrangères de la France en échange, mais simplement une nouvelle écriture dans son compte d’opération logé à la banque de France contrôlé par le trésor français. La mise sous tutelle d’un Object de souveraineté des Etats comme la monnaie reste le plus grand holdup que le monde n’ait jamais connu, car par cet impôt colonial on estime que la France récupère à elle seule 400 milliards d‘euro des économies de son pré carré, un pactole qui lui permet de rester une puissance occidentale.

De 1945 à 1973, quand les Africains exportaient par exemple les matières premières pour 100 milliards de dollars, ils déposaient tous les 100 milliards de dollars dans le Trésor français. De 1973 jusqu’en 2005, s’ils exportaient pour 100 milliards de dollars, les Africains étaient obligés de déposer 65 milliards au Trésor français dans le fameux compte d’opérations. Depuis le 20 septembre 2005 jusqu’à nos jours, les Africains de la Zone CFA déposent 50% de leur recette économique. Et il faut préciser qu'en contrôlant tout aussi l’impression des billets de banque la France peut décider de geler les fonds d’un gouvernement insoumis paralysant la vie des pays et forçant ainsi à la démission ces dirigeants. Le malheur des uns fait le bonheur des autres, ou plutôt certains créent le malheur des autres pour être heureux. Crise signifie selon l’idéogramme chinois opportunité et danger à la fois. Ce qui sous-entend dans la notion du capitalisme irrévérencieux, profit pour les uns, tenants du système, implique pauvreté pour les autres subissant le système. Si le moteur d’une voiture est intelligent, les roues qui supportent le véhicule et le font avancer le sont moins. Pareillement, ceux qui ont su créer le système économique actuel et l’imposer au monde, en profitent, et ceux qui ignorent les tenants et les aboutissants de ce système subissent son poids tout en étant des pièces motrices. Le sous-développement perpétuel qui sévit en Afrique et dans la majeure partie de l’hémisphère sud n’est pas une crise passagère, mais un système de crise auquel certains ne manquent pas d’ingéniosité dans la manipulation des masses sur la responsabilité qui leur incombe. Le sous-développement tue, il est l’un des phénomènes les plus meurtriers qui ait jamais existé. La misère étant la mère de tous les vices, combien meurent de manque de soins de santé primaire et combien prennent depuis les chemins périlleux de l’exile, lorsque les guerres en général trouvent leur source dans la détérioration du niveau de vie et la prédation des puissances occidentales qui jusqu’à preuve du contraire sont les plus grands pourvoyeurs d’armements à ces régions sous développées. Dans un déterminisme beat, certains ont souvent accusée la nature d’avoir été ingrate avec les pays sous-développés ou alors sur abondante envers un peuple sot, qui ne sait pas exploiter ses richesses. Cependant la vérité est plus complexe. abyssal.

Selon Montesquieu, dans l’esprit des lois publié au 18e siècle. Loin de se réduire à un déterminisme qui condamnerait pour toujours les peuples à la pauvreté, il est plutôt important de définir l’ordre derrière la diversité des mœurs, et les façons de gouverner. Même si le climat agit directement sur le tempérament et le caractère des individus, si la disposition au travail par exemple est liée au climat, des mesures spécifiques de nature institutionnelle peuvent y remédier Montesquieu écrit : « Que les mauvais législateurs sont ceux qui ont favorisé les vices du climat, et les bons sont ceux qui s'y sont opposés ». Il est ainsi toujours possible d'orienter différemment les voies tracées par la nature. Les climats et les reliefs n’ont en général rien à voir avec le développement c’est plutôt la mise sur pieds des politiques idoines de développement qui change la donne. Aussi le problème n’est pas au niveau des régions naturelles, mais des Etats ou des régions humaines. Les annales de l’histoire prouvent que les régions tropicales, méditerranéennes, ou équatoriales, réussirent à se développer dans des environnements pas toujours parfaits, pour la simple raison que le système gouvernant leurs économies était différent.

En effet dans un environnement où il n’y avait pas de prédation occidentale, les civilisations comme celle de l’Egypte antique, des Mayas et Inca en Amérique latine , ou encore l’empire du Mali réussirent à se développer, dans des aires qui peut être avec le temps ont subi des dégâts sur leur reliefs, mais dégâts qui parfois sont aussi imputables au système de prédation occidental, par des phénomènes comme l’esclavage, la colonisation, l’exploitation anarchique des essences forestières, et la destruction du milieu naturelle par la pollution, ou la création des barrages hydroélectriques pour approvisionner des usines qui contribuent à l’économie extractive des pays sous-développés. La civilisation agricole, puis urbaine, apparut d'abord en Afrique, au Moyen Orient, aux Indes, en Chine, en Amérique andine ou centrale, bref dans la majorité des pays où a régné ou règne actuellement le sous-développement. Le progrès économique est tributaire du progrès des techniques axées sur le profit des populations des régions impliqués, et non du niveau de technologie des forces exogènes qui exploitent les dites contrées. Les sociétés mesurent leurs progrès en fonction surtout de leur capacité à dominer, et à utiliser les facteurs naturels, à humaniser et à rationaliser la mise en valeur du milieu physique. Dans une optique ou les investissements à l’exploitation ne servent qu’aux pays pourvoyeurs de dettes c’est un cercle vicieux dans lequel se morfond l’Afrique et les pays d’Asie des Caraïbes et du Pacifique. Depuis le début du schéma d’exploitation et d’asservissement couronné par le contrôle de la banque mondiale qui impose les secteurs d’investissement des pays exploités, les chiffres prouvent que plus de 8 fois le montant de la dette des pays sous développé au début des années 80 a été remboursé, mais l’arnaque du système est justement liée au schéma de sa perpétuation. La situation de ces pays est des plus illusoire, car on leur impose d’investir dans des secteurs qui à terme prolongent leur asservissement comme le remboursement de la dette et l’investissement dans des cultures de rente, ou monoculture d’exportation, dont les prix sont fixés par les pays acheteurs. Un paradoxe qui renforce les clichés esclavagiste, des rapports entre l’occident et le tiers monde, car dans toutes les économies du monde ce sont les producteurs qui mettent un prix sur leur produits pas le contraire, car eux seuls peuvent juger des efforts fournis et du coût de production. Alors que les cultures de rentes restent prépondérantes et affament des populations en occupant des terres qui auraient du être utilisées pour les cultures vivrières destinées au marché local, Il faut noter que plusieurs traités avec les puissances occidentales empêchent les pays dits du tiers monde de transformer les matières premières en produits manufacturés. Le coltan qui est pris au Congo pour une poignée de dollars reviens dans les téléphones des congolais dans un prix qui leur est quasiment hors de portée.

Les pays en voie de développement sont les plus pauvres de la planète. Pas par ce qu’ils sont maudits, et si malédiction il ya c’est celle de la prédation occidentale qui s’abat sur eux. Lorsque l’on parle de démocratie un autre cache sexe utilisé de manière ostentatoire pour masquer les vrais problèmes du continent africain, c’est plutôt les termes de l’échange qu’il faudra démocratiser. C’est la dictature des institutions de Bretton Woods qu’il faudra revoir, dans un monde qui devient de plus en plus multipolaire. Si même en Occident le problème de la misère devient de plus en plus récurrent avec le fossé abyssal qui divise les nantis, des pauvres dans les pays sous développé la situation est de plus catastrophique. En 2017 Environ 82% de l'argent généré est allé dans la poche des 1% les plus riches qui représentent à peu près 70 millions de la population mondiale, selon le rapport Oxfam, lorsque les plus pauvres n’ont pas connu d’amélioration dans leur sort, les riches eux ont ajouter 762 milliards de dollars de profit à leurs avoirs, une somme faramineuse qui aurait pu à elle seule juguler la pauvreté 7 fois, dans le monde entier. 85 personnes sur les 1 pour cent sont des super riches qui possèdent les multinationales qui contribuent grandement à la misère dans le tiers monde, à elles seules elles possèdent plus d’argent que les avoir combinés de plus de la moitié des populations du monde y compris les riches.

Lorsque l’on parle de contrôle de la population pour contrer la misère dans les sphères des gouvernements occidentaux, contrôlés par cette oligarchie c’est de la pure hérésie machiavélique. Ce n’est pas la fameuse surpopulation des régions comme l’Afrique qui fait problème, une assertion d’ailleurs fausse lorsque l’on regarde le nombre d’habitants au kilomètre carré et la superficie du continent, mais une redistribution plus equitable des richesses. Ce n’est pas la croissance de la population qui engendre le sous-développement c’est plutôt le système qui dirige les hommes qui favorisent leur misère ou leur évolution. Malgré le fait que le nombre est un facteur de développement, au demeurant il y a un rapport indéniable entre le progrès économique et la réduction des forts taux de natalité, la plupart des pays qui ont connu un fort taux de croissance économique, ont enregistré parallèlement une baisse de fécondité rapide. C'est le cas des pays comme la Corée du Sud, Taïwan et la Chine en Asie, au début des années 60. Dans ces pays Il y avait en moyenne 5 à 6 enfants par femme, moyenne similaire à l’Afrique subsaharienne d’aujourd'hui. En 15 ans, la fécondité de ces pays a baissé de moitié, ce qui correspond aux années de leur décollage économique. C’est le sous-développement qui entraîne la surpopulation. Dans un pays par exemple assez scolarisé combien de femmes choisissant de continuer des études supérieures, en même temps choisiraient de faire des enfants ? Et mieux, lorsque l’on a plus de 25 ans, bardé de diplômes du supérieur, les exigences professionnelles à leur tour réduisent considérablement le taux de natalité.

Le malheur de celui qui maltraite tout le monde est de ne pas trouver un ami dans sa misère, alors qu’un monde semble s’effondrer et que l’Afrique et le reste du tiers monde sont en train de se trouver de nouveaux partenaires en Orient, l’Occident malgré sa technologies qui est à 90 pour cent fabriquée en Asie se retrouve à la croisée des chemins, alors que la majorité des ressources dont elle a besoin pour son industrie continuent de provenir des pays sous-développés, pour survivre dans les années qui viennent elle devra lâcher du lest et démocratiser ses relations économiques avec le tiers monde, sinon elle perdra tout, car la guerre en Syrie a prouvé que même la domination militaire de l’occident n’est plus effective comme il ya 10 ans. L’explosion de la démographie en Afrique ne maintiendra plus pour longtemps des dictatures qui depuis ont fait allégeance à l’occident, sacrifiant souvent les intérêts du peuple pour leurs strapontins. L’avenir c’est l’Afrique, qui malgré le boum de sa population a assez de ressources pour s’en sortir, pour peu que les goulots du capitalisme occidental qui l’étrangle depuis soient détruits. Et pour ce qui est de l’immigration, l’occident aura besoin de la jeunesse des pays du tiers monde pour payer son système de retraite avec sa population qui est appelé à être encore plus vielle dans les 30 années à venir, le système tournerai à perte s’il n’ya pas assez d’énergie productrice, n’en déplaise au nationalisme fondamental qui semble prendre racine dans l’hémisphère nord. Lire plus sur www.flashmag.net

Hubert Marlin Elingui Jr.

Journaliste


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