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  • Hubert Marlin

En 2016 il y a encore l’esclavage aux Etats-Unis


Il ne s’agit pas du néo esclavage, bien connu dans l’industrie du sexe, mais bel et bien de l’esclavage dans les plantations, comme au bon vieux temps, à la seule différence que cette fois ci les esclavagistes n’ont pas besoins d’écumer les côtes africaines pour l’immonde besogne, car la misère du peuple noir américain et son addiction aux drogues dures leur a donné une l’opportunité d’avoir une main d’œuvre captive sur place.

L’histoire qui suit n’est pas une fiction mais une réalité. Les noms des principaux acteurs ont simplement été changés pour besoins de protection d’identité, car des représailles contre ceux qui osent parler de la servitude qui continue à sévir dans la nation la plus démocratique du monde, peuvent être subies aussi bien par les auteurs des crimes que par ceux qui veulent vendre une image puritaine de l’Amérique au monde.

En cette matinée de Mai 2011, James la quarantaine pleinement entamée venait de se réveiller du trottoir où il avait passé la nuit enseveli dans une couverture grise qui avait vue bien des printemps. A quelques encablures de l’arène de basket du club fétiche de la ville Miami Heat, il y’a une marée humaine qui vit en dessous du seuil de pauvreté, ne se nourrissant que grâce à l’aide de certaines bonnes volontés qui de temps en temps s’arrêtent pour leur donner de quoi manger, en brisant la loi floridienne qui désormais interdit de donner à manger aux démunis. Comme on dit quand une loi est mauvaise, quand on est bon, on la brise, et quand une loi est bonne, quand on est mauvais on la brise aussi. En tout cas les âmes de bonne volonté n’ont pas le choix, il y’a qu’aux Etats-Unis que l’on peut avoir l’audace de pénaliser la misère.

Cependant la violence et l’inhumanité qu’a apporté le capitalisme à outrance depuis 2008 avec la crise boursière, a jeté dans la rue des millions d’américains; et la communauté la plus touchées bien sûr est la communauté noire. Aux Etats-Unis on a coutume de dire dans l’imagerie populaire que, quand le pays est malade, la communauté noire elle, est dans le coma.

La misère étant la mère de tous les vices, beaucoup de fermiers véreux ont trouvé qu’il y avait moyen de faire des affaires en exploitant la masse désœuvrée. Leurs ancêtres l’avaient fait avant, avec brio pendant des siècles pourquoi pas eux aujourd’hui.

C’était la seconde fois que le mini bus faisait le tour, distribuant quelques paquets de biscuits dont la date de péremption était longtemps dépassée, quand on a faim on ne lit pas. La meute misérable des sans-abris se faisait ainsi appâter, ces damnés de la terre trouvaient assez d’énergie pour courir vers tout véhicule qui ralentissait et se garait dans les environs, espérant être les premiers sur la ligne de distribution de la pitance, car parfois en arrivant trop tard on pouvait bien ne rien recevoir. Le chauffeur du mini van gara, big John un métis, à la carrure imposante, en sortit et commença à distribuer, les paquets de biscuits qu'il sortit du coffre du véhicule, pendant la distribution il s’attelait à convaincre les sans-abris assez jeunes et en forme physiquement, en leur promettant du travail, et du logement gratuit. Les plus réticents à embarquer étaient ceux qui se savaient accrocs au crack, à l’héroïne, et au cannabis. Ils avaient conscience que la vie de la rue, leur procurait des facilitées dans l’obtention de ces stupéfiants. Big John leur chuchotait « You can get high over there no problems, as long as you work, » (vous pouvez vous droguer là-bas, tant que vous travaillé il n’y a pas de problèmes) en plus de la drogue il leur était aussi susurré la présence sur place de femmes, pour assouvir leurs instincts sexuels. Les démunis, en général rejetés par la société, ont du mal à avoir le moindre contact avec le sexe opposé pendant des années. Cette dernière proposition fit l’effet d’une bombe dans le subconscient de James qui décida d’embarquer dans cette aventure.

5 autres compagnons d’infortune, embarquèrent avec lui. Le mini bus de 7 places était archi plein. Big John avait fait de bonnes affaires, son boss Mister Hicks, serait content il toucherait une prime, si en plus ces gaillards qu’il était en train de conduire vers la servitude s’avérait être dociles et productifs en tout cas d’une manière ou d’une autre ils le seraient, les méthodes qu’ils employaient dans le camp avaient brisées même les plus tenaces.

Pendant le trajet de 1 heure 30 minutes qui les conduisait à Immokalee dans les tréfonds de la Floride rurale, big John passa à la première phase de son plan. Proposer des joints de cannabis aseptisés de crack à ses nouvelles recrues. Jouant les sympathiques, il leur proposa le cocktail, en leur disant que c’était ok, il pouvait en prendre et fumer dans le véhicule, il ne leur demandais rien pour l’instant mais une fois qu’ils auront commencé le travail il le lui rembourserait, le job était bien payé, et ce n’est pas 10 dollars par joint qui serait difficile à lui rembourser, dès leur première journée de travail.

Le trajet se fit sans encombres, James et ses compères s’étant assoupis juste après avoir consommé la dose de stupéfiant. Juan le chauffeur du van regarda Big John et lui fit un clin d’œil, que James avait intercepté dans son état second. Un comportement questionnable, qui, s’il n’était pas déjà enivré lui aurait mis la puce à l’oreille. Lui l’ancien du marine’s corps, endurci par la galère de la rue, qui l’avait rendu street smart (futé dans la vie de rue) n’était pas facile à rouler dans la farine, il savait encore sentir le danger, et l’entourloupe quand il y en avait; mais son esprit était trop lourd, et il démît cette pensée, en plus le véhicule était en marche qu’aurait -il fait? Demander à descendre peut-être, mais au milieu du no mans land de l’Everglades, il aurait eu des difficultés énormes pour retourner à Miami. Il se tassa sur son siège et s’endormi pour de bon. Le siège moelleux du mini van était un luxe qu’il ne pouvait pas se payer tous les jours après une nuit de somnolence à guetter tout bruit suspect autour de lui il pouvait dormir pour de vrai.

Tout d’un coup le véhicule s’arrêta, il fut réveillé en sursaut de son rêve narcotique où il voyait s’approcher un énorme joint, à chaque fois qu’il voulait mettre ses lèvres dessus pour en tirer la gracieuse fumée qui s’en dégageait, le joint semblait s’éloigner, en fait à son réveil brusque il se rendit plutôt compte c’est sa tête qui dandinait dans son sommeil.

Ils arrivaient à la plantation il fut surpris de constater que celle-ci était entourée d’une haute barrière de fils barbelé. Cela lui rappela la prison, où plus d’une fois il avait été incarcéré. Il avait l’impression de revivre l’un de ses séjours dans les pénitenciers sordides de Floride réputé pour leur rugosité.

Il y avait même un mirador avec garde armé. Il se frotta les yeux et il se dit qu’il avait sans doute trop tiré sur le joint, mais Big John le rassura en lui expliquant « tiens le garde est en civile, ce n’est pas la police, il faut bien que l’on protège nos vies, on ne sait jamais. » Le véhicule entra dans la plantation et se gara devant un building gris a l’architecture inexpressive, James et ses compères en descendirent. Big John leur demanda d’attendre un moment sur un banc à l’extérieur, pendant qu’il allait voir le boss. Mister Hicks demanda à Big John s’il avait fait du bon boulot. Big John et Juan acquiescèrent d’un hochement de tête. Hicks ajouta : "j’espère que vous vous êtes avisé en premier qu’ils sont accrocs aux stupéfiants." Big John sourit et lui repondit : « ils sont partis pour nous devoir beaucoup d’argent, ça fait déjà 60 Dollars qu’ils nous doivent. « Bien ! » Mr Hicks leur dit : - « rassurerez-vous qu’il en soit ainsi et qu’il ne quitte jamais cette plantation tant qu’ils peuvent servir à quelque chose. » D’un geste de la main il les congédia.

Dehors les nouvelles recrues furent conduites dans une autre salle où ils échangèrent leurs guenilles contre des uniformes bleu marine. Un petit déjeuner leur fut servi et facturé à dix dollar le plat. Avant leur premier coup de pioche dans la plantation de tomates, ils devaient déjà 20 dollars chacun. La journée de travail fut longue et le soir il, reçurent chacun une paye de 40$ moins les 20 dollars allongés le matin même, il ne leur restait que 20 dollars, alors il leur fut proposé des repas facturés, de l’alcool facturé ainsi que du cannabis, et mêmes les filles à 60 dollars la passe. Big John leur fit comprendre que tout ce qu’ils voulaient, ils pouvaient l’acheter avec le fric qu’ils avaient et que bien sûr s’ils étaient courts ils pouvaient prendre des crédits à la consommation comme il l’entendait…

Commença ainsi un cycle infernal d’endettement pour James et ses autres compagnons.

Dans l’entrepôt James reconnu Ron, un de ces anciens frère d’armes, de la première guerre d’Irak en 1990, qu’il croyait mort ou disparu depuis longtemps, sa famille le recherchait depuis plus de 5 ans et avait simplement perdu tout espoir de le revoir. Il s’en approcha pour prendre des nouvelles. Ce dernier le reconnu mais devint subitement très peu disert, était-ce la honte ou la peur ? James ne le savait pas.

Quelques jours plus tard il comprit pourquoi. Un travailleur fatigué de vivre dans ces conditions avait essayé de s’évader il avait été traqué comme un animal, avec chiens et chevaux et avait finalement été retrouvé. Ramené au camp il fut fouetté publiquement et mis au cachot. James comprit très vite qu’il était en train de vivre ce que ses ancêtres avaient vécus pendant les siècles dans les Amériques, il n’en croyait pas ses yeux. C’était les Etats-Unis un pays pour lequel il s’était battu pour imposer des idéaux de liberté et de démocratie dans les coins les plus reculés du monde, et là, devant lui se produisait des scènes d’esclavage. Il n’était pas devenu fou. Il se palpa croyant qu’il rêvait ou alors comme par magie il avait fait un saut dans le passé, mais la scène était bien réelle.

Certains résignés, s’étant habitués à ce régime, avaient fini par prendre gout, mais James décida de faire quelque chose cela ne pouvait pas continuer il devait quitter cet enclos de la honte.

Le lendemain il s’arrangea à travailler plus proche de son ancien frère d’armes, il voulait en avoir le cœur net, il lui demanda en chuchotant « as-tu déjà au moins essayer de t’en tirer, de fuir ? » Ron lui répondit : - « d’un ton résigné pour aller où même ma famille m’a depuis oublié une fois que je m’étais retrouvé dans la rue, tout le monde m’a abandonné, au moins ici j’ai depuis essayer de trouver une certaine socialisation tout n’est pas si mauvais que ça si tu joues le jeu, tout ira pour le mieux. » Il ajouta: " je sais tu viens d’arriver mais après un temps tu y prendras gout peut être, tu vois ce gaillard là-bas il est ici depuis 10 ans ,quand je suis arrivé ici il avait déjà fait 5 ans, et il est cool il ne se plaint pas. »

James comprit que de ce côté-là, il n’aurait pas d’aide mais il pouvait exploiter son ancienne camaraderie pour avoir des informations capitales sur la localisation de la plantation. En 5 ans de vie dans cette plantation, il devait savoir bien des choses. Il décida de lui en demander un peu plus tard, et de désormais commencer à économiser ses 40$ journaliers pour préparer sa fuite. Cependant quoi qu’il en soit il devait toujours payer lui-même ses repas à un prix non négociable de 10 dollars chacun et à la fin il ne lui restait que très peu pour la drogue.

Pour la première fois depuis très longtemps il comprit que pour s’en tirer il devait se sevrer de stupéfiants. Les jours d’après pour encourager son ancien frère d’armes à lui filer plus d’informations il lui refilait de temps en temps quelques, dollars deux semaines plus tard il avait une idée générale d’où était Immokalee. Situé entre les Everglades et Fort Myers la meilleure solution pour lui était de fuir vers le nord, Fort Myers, car marcher vers le sud était impossible il y avait Everglades une étendue marécageuse de forêt tropicale et de mangrove, l’une des réserves naturelles les plus dangereuses au monde, infestée de moustiques, de mouches, de serpent vénéneux, de boas, d’alligators et autres… Prendre la route lui était quasi interdite, il se ferait repérer au plus vite surtout que Mister Hicks avait le bras long. Il avait de très bonne relation avec la police du comté qui plus d’une fois lui avait ramené les fugitifs aussi bien les hommes condamnés à vie, au dur labeur que les putes qui devaient satisfaire la clientèle captive dépensant leurs maigres dollars dans la consommation de drogue, les repas et bien sûr le prélèvement des maquereaux.

L’uniforme pour les travailleurs étant requis partout, il fallait qu’il se trouve des habits de rechange, et une fois de plus, Ron lui avait été d’une grande aide, il était capable de rentrer partout et ceux qui tenaient le camp lui faisait confiance car il n’avait aucune intention d’aller voir ailleurs.

La même nuit où il l’avait reçu des vêtements de rechange, James décida de s’enfuir.

Dans les dires de Ron, il avait construit sa route d’évasion il avait compris qu’ il ne pouvait faire le mur, mais devait creuser sous la barrière de fils barbelés. Il avait réussi à dissimuler un pioche à la fin de la journée de travail, le jour d’avant, loin dans les champs qui s’étendait à perte de vue, non loin de la barrière. Il marcherait pas moins de 25 minutes, juste pour atteindre l’endroit où il avait caché la pioche, avant de faire un trou sous la barrière sans la toucher, car celle si était électrisée. Il devait creuser pendant à peu près 15 bonnes minutes ; il devait faire le tout dans l’intervalle d’une heure, car les gardiens faisaient la ronde toutes les heures dans ces points précis.

A minuit pile, il quitta son lit laissant son uniforme sous son drap et pris la porte. Il traversa le dortoir à pas de loup, et 5 minutes plus tard il était dans les champs marchant et courant avec intermittence, il arriva à l’endroit où il avait caché la pioche. En tout cas c’est ce qu’il croyait. A sa grande surprise la pioche n’ y était pas. S’était-il trompé ? quelqu’un l’avait-il trouvé ? L’avait-il caché plutôt à l’autre bout du champ ou alors plus loin devant ?

Le temps pressait, dans une vingtaine de minutes les gardes passeraient, encore que ces derniers pouvaient bien passer plus tôt que prévu, car s’il s’était déjà trompé sur l’emplacement de la pioche, il aurait aussi pu se tromper sur le temps. Il haletait, le cœur battant la chamade, il pensa rebrousser chemin. Il resta là, hagard sonné. Pendant qu’il désespérait figé, un nuage éclaircit la lune et il vit à une centaine de mètres de lui le reflet d’un objet métallique, et si s’était donc la fameuse pioche? il couru vers l’endroit fouilla dans le sol, elle était bien là, il s’était arrêté un peu trop tôt , il s’approcha de la clôture et commença à piocher avec minutie, Un bout de la pioche avait été déterré plus tôt par les chiens ou les animaux sauvages qui erraient souvent dans la grande étendu des champs. Retirant la terre avec les mains, tout en regardant sa montre ; un cadeau de Ron qui quelque part avait décidé de lui laisser un petit souvenir de lui. Douze minutes plus tard il avait fait un trou assez profond sous la clôture, il s’aplati au sol et commença à ramper sous la clôture cela lui rappelait les exercices militaires, de ses années de training, à Fort Myers justement sur sa route d’évasion quelques miles plus loin. Pendant qu’il sortait du trou qu’il avait creuser à l’autre côté de la clôture un monticule de terre retomba sur la barrière électrifiée, il y eut quelques éclairs. Si les gardes avaient entendu ils seraient là, dans quelques minutes dans leur véhicule tout terrain. Il espérait que non. La plantation était trop grande, mais néanmoins il décida de lancer un sprint dans la nuit noire libre en fin.

Cependant il lui restait à marcher 35 miles soit environ 56 kilomètres. Au moins douze heures de marche étaient nécessaires pour joindre Fort Myers, si la lune l’avait aidé tout à l’heure à trouver la pioche, il fallait qu’elle n’aide pas ses poursuivants ou des curieux, à le découvrir, à cette heure de la nuit, dans une Floride armée jusqu’aux dents, si quelqu’un vous rencontrait en tant que noir, dans la nuit noir, il avait toutes les raisons de vous abattre et de poser les questions après . Il courut de manière parallèle à la route prenant soins de rester dans la forêt tout en gardant un œil sur la route, car il ne fallait pas se perdre ni se faire découvrir il marcha toute la nuit et de l’aurore, à midi il continua à marcher sans se retourner, la surface plane du littorale l’avait permis d’avancer sans trop d’encombres. 2 heures plus tard il décida de se rapprocher de l’autoroute 82 Est, Fort Myers n’était plus qu’à une trentaine de minutes de marche il était sauvé.

Quand il arriva à Fort Myers il essaya de raconter son histoire au militaire de la base, personne ne le crut, et on l’envoya plutôt voir la police, les policiers comme les miliaires ne le crurent point, pensant qu’il était un déréglé un toxicomane en manque qui voulait jouer aux intéressants. Ils lui promirent d’appeler la police locale un appel que bien sûr ils ne placèrent jamais. Dégoûté il décida de rentrer à Miami continuer sa petite vie de SDF après avoir obtenu un ticket de bus d’une œuvre de charité de Fort Myers.

La mésaventure de James, n’est pas une fiction. Près d’un million de personnes disparaissent tous les ans aux Etats-Unis, les noirs américains qui ne font que 13 pour cent de la population à eux seuls représentent 35% des disparus, beaucoup ne sont jamais retrouvés, certains finissent dans ces champs d’esclaves où ils n’en reviennent jamais. Beaucoup qui essayent d’échapper sont purement et simplement assassinés tandis que les conditions de vie dans ces camps quand elles ont raison d’eux leur donne droit à un trou comme dernière demeure, quelque part dans l’immense territoire américain. Les champs d’esclavage ne sont pas que propres à la Floride, les cas ont été répertoriés sur tout le territoire américain, de la Géorgie, à l’état de Washington, et la justice quand à elle traîne à sévir, même si très peu de cas lui sont reportés , pourtant avec les drones et les satellites, les autorités américaines ont les moyens de savoir ce qui se trame derrière ces champs de la mort…

Cependant, dans les annales de la justice américaine il y’a des cas d’esclavage aggravé au 21e siècle. Dans le cas US Vs Navarette En Décembre 2008, les employeurs César et Geovanni Navarrete ont été condamnés à 12 ans chacun dans une prison fédérale sur des accusations de complot, forçant les travailleurs à la servitude involontaire, et au racket. Ils avaient employé des dizaines de cueilleurs de tomates en Floride et en Caroline du Sud. Comme indiqué dans le communiqué de presse du Ministère de la justice sur leur détermination de la peine, “ [les employeurs] plaidèrent coupables, d’avoir bastonné, menacé empêché, et emprisonné des travailleurs pour les forcer à travailler comme ouvriers agricoles ... Ils avaient été accusés de payer aux travailleurs des salaires minimaux et de leurrer les travailleurs dans les dettes impossibles à rembourser, tout en menaçant simultanément de préjudice physique les travailleurs qui oseraient quitter leur emploi avant que leurs dettes eussent été remboursées à la famille Navarrete…

En Juillet 2010, Cabioch Bontemps, Carline Ceneus et Willy Edouard ont été inculpés par un grand jury fédéral sur des accusations de complot en vue de commettre le travail forcé. Les fonctionnaires du ministère de la justice accusèrent les trois de tenir plus de 50 travailleurs immigrés en provenance d'Haïti contre leur volonté dans les beanfields (champs de haricots) du comté d’Alachua, en Floride. L'acte d'accusation affirme que Bontemps a violé l'un des travailleurs et l’a menacé de mort, si elle tentait le signaler. Les employeurs avaient confisqué les passeports et les visas des travailleurs, et les avait forcés à travailler dans les champs traités avec des pesticides, qui leur causèrent des brûlures et des cicatrices permanentes. La Coalition des travailleurs d’Immokalee saisit la police locale et fit libérer les travailleurs et elle leur porta assistance et signala le cas au ministère de la justice qui abandonna les charges contre les accusés en Janvier 2012.

En Septembre 2010, le personnel du géant mondial du recrutement de travailleurs immigrés Horizons ont été accusés d'exploitation d'un réseau de travail forcé actif dans 13 Etats, dont la Floride. Le PDG de Global Horizons Mordechai Orian et six autres ont été accusés de tenir six cents travailleurs immigrés en provenance de Thaïlande contre leur volonté dans ce que les procureurs ont appelé « le plus grand cas de traite des êtres humains dans l'histoire des États-Unis. » Ils disaient aux travailleurs thaïlandais une chose pour les attirer aux USA. Puis, quand ils arrivaient, leurs passeports étaient confisqués et ils étaient forcés à la servitude dans des fermes "Parmi les huit personnes inculpées initialement, trois ont plaidé coupable. Un gestionnaire de Global Horizons a plaidé coupable à un complot en vue de violer la loi contre le travail forcé, et deux superviseurs de terrain ont plaidé coupable à la planification de la servitude. Un quatrième accusé a plaidé coupable en Thaïlande à la fraude de recrutement. En Juillet 2012, le ministère de la Justice a abandonné les charges contre le PDG Mordechai Orian et un autre dirigeant de Global Horizons.

De toute ces affaires il en ressort une complaisance des autorité américaines quant- à la sanction des citoyens américains coupables d’esclavage envers les citoyens des pays étrangers comme Haïti ou la Thaïlande, de peur peut être de créer un précèdent qui lui éclaterai à la figure, vu son histoire trouble dans le commerce de la honte. L’esclavage demeure un sujet tabou aux Etats-Unis un tabou qui camoufle bien la situation actuelle ou çà et là on dénombre encore surtout dans le sud des cas d’esclavage véritable et pire la complaisance n’est pas seulement des autorités américaines mais aussi et surtout des grands supermarchés qui s’approvisionnent dans ces fermes bien qu’elles savent avec pertinences les conditions dans lesquelles sont produites ces denrées. Ironiquement, même un président noir et un avocat général noir n’ont pas pu être capable d’en finir une fois pour toute avec ce phénomène séculaire. En tout cas une chose est certaine tant qu’il y’a le capitalisme, il y aura de l’esclavage, le complexe industriel pénitencier emploi bien des ouvriers prisonniers qu’il paye à peine un dollar par journée de travail alors que les produits agricoles qui résultent de ce labeur sont belle et bien vendu dans des grandes surfaces à des prix mirobolants. Quand les mêmes entités oligarchiques font la publicité du gangstérisme par les artistes qu’ils promeuvent ils savent que derrière les candidats à la débauche entraineront leur profit dans les prisons.

Par Hubert Marlin Elingui Jr

Journaliste Ecrivain


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