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Sinke Keita créatrice de mode et entrepreneure virtuelle


Flashmag : Bonjour Sinke Keita Flashmag et son lectorat sont heureux de vous avoir comme invitée de la page tendances. Le temps de cet entretien notre tribune est la vôtre alors dites-nous c’est quoi votre background ? Comment êtes-vous arrivé à la mode ?

Sinke Keita : Je suis âgée de 31 ans et mère d’une fille j’ai fait des études d’enseignante spécialisé à l’université Lumières de Lyon, je suis dans la mode depuis 3 ans j’y suis arrivé un peu de manière impromptue, même si déjà plus jeune la mode me passionnait, en fait c’est après avoir perdu mon emploi, que j’ai décidé de m’occuper d’une autre manière, ce qui était un loisir est devenu un métier… J’ai commencé par customiser mes propres chaussures cela a beaucoup été apprécié par mes proches qui m’ont incité à prendre des initiatives pour faire connaitre mes créations et éventuellement les commercialiser, j’ai ainsi commencé à poster les photos de mes créations sur les réseaux sociaux et cela a eu un succès auprès du public, et quelque mois plus tard, j’ai décidé d’ouvrir une boutique virtuelle sur un web site de vente de création artistique.

Flashmag : Vous faites plus dans le genre mode ethnique un terme pas péjoratifs mais qui représente quand même ce que vous faites pourquoi avez-vous choisi ce credo typiquement africain ?

Sinke Keita : Par ce qu'en fait j’aime beaucoup le tissu africain c’est une grande passion pour moi, toutes ces couleurs vivaces, et en plus, il y a plus de choix dans les tissus africains que dans les tissus ordinaire, car la grande diversité de couleurs nous donne plusieurs options dans la création je voulais aussi mettre en valeur le tissu africain qui hélas pour certains a encore une valeur péjorative. Du coup le fait de l’utiliser dans ma création était une manière de lui faire honneur. Voilà.

Flashmag :Ayant fait des études dans un domaine totalement différent comment est-ce que la communauté de la mode vous regarde si certains disaient que vous n’êtes pas assez qualifiée pour ce que vous faites que diriez-vous ?

Sinke Keita : Ah vous savez, si l’on devait se soucier chaque fois de ce que les gens disent on n’avancerait jamais comme on veut, le talent n’a pas besoins de diplôme pour s’exprimer, j’aime bien ce que je fais, et à partir du moment que beaucoup de gens me le rendent bien, en appréciant ce que je fais le reste n’a pas d’importance.

Flashmag : Vous faites partie des entrepreneurs africains de la génération internet à votre avis que peut apporter l’Internet à l’africain ?

Sinke Keita : Je pense que c’est un outil qui permet de s’ouvrir au monde, il est important dans la communication entre les peuples, je me souviens il y a quelques mois j’ai eu une interview avec le Magazine Amina, des milliers de personnes à travers l’Afrique ont lu cette interview, et ont été capables de me dire ce qu’ils pensaient de mon initiative à travers internet.

Flashmag : Si l’accès à l’internet pour la diaspora noire occidentale est aisé, il y a encore des difficultés pour les africains du continent. À votre avis que faut -il faire pour vulgariser l’outil dans le continent ?

Sinke Keita : Au fait je ne pense pas que l’Internet est tellement hors de portée pour les africains c’est peut-être vrai pour ceux qui vivent dans les campagnes mais dans les grandes villes c’est un outil très vulgarisé même si de part et d’autres on est pas toujours à la pointe quand il s’agit du haut débit, mais cependant il revient à nous africains de créer nos propres réseaux, car nous savons quels sont nos besoins mieux que les occidentaux.

Flashmag: Vous avez dit tantôt que les africains doivent s’investir dans la technologie. Avez-vous pensé à joindre d’autres initiatives de marché africain sur internet comme le site de vente www.tosala.org dont j’ai reçu la promotrice il y a quelques années? Quels sont vos relations avec les autres membres de la diaspora qui ont basé leur activité professionnelle sur internet, on ne le dira jamais assez les africains évoluent un peu trop en rang dispersé ?

Sinke Keita : Oui j’y pense, mais pour l’instant je ne fréquente que de petit créateur comme moi. Nous nous entraidons en essayant de participer à l’évolution de l’économie africaine. Je sais il y a bien des sites africains où l’on peut vendre des accessoires de mode, mais bon le moment viendra où peut-être je devrais multiplier les plateformes où l’on peut trouver mes créations.

Flashmag : Depuis 2013 vous avez décidé de vous lancer dans cette activité n’aviez-vous pas peur de vous lancer dans l’inconnu quelles furent vos motivations?

Sinke Keita : C’est vrai qu’ au début on a peur on se pose la question de savoir si on va vraiment réussir surtout quand on est maman on se demande si on sera capable de joindre les deux bouts, mais au final quand on la motivation et de l’ambition on finit par se lancer, et puis on se dit même si on se casse la gueule on aura au moins eu le mérite d’essayer… en tout cas ce n’est pas toujours facile quand les difficultés surviennent j’essaye toujours de me battre, je positive et j’essaye de prendre des mesure adéquates pour mener à bien ma petite entreprise.

Avez-vous aussi une boutique physique ?

Sinke Keita : J’ai juste une boutique virtuelle pour l’instant j’espère que cela se fera plus tard. Mais il faut comprendre que la boutique virtuelle me donne des avantages énormes le coût onéreux d’une boutique physique et toute la paperasse qui va avec, aurait été lourd à supporté pour une jeune entreprise comme la mienne. Mes collections sont en quantité limitée, je n’ai pas encore atteint la production industrielle de grande échelle.

Flashmag : Dans l’élaboration de vos créations avez-vous des sous-traitants qui vous fournissent en matériaux comment cela se passe j’espère que je ne rentre pas dans les secrets de confection de votre entreprise ?

Sinke Keita : Non pas du tout en fait j’ai des fournisseurs ici. je m’approvisionne dans les magasins africains; comme cette sœur qui a chaque fois à des nouveautés j’achète aussi sur internet, j’ai un grand éventail de fournisseurs je suis très minutieuse dans le choix de mes tissus, en fait je fais plus de la customisation de chaussures, mais ce sont les sacs que je fabrique de, A, à Z.

Flashmag : Quels sont vos perspectives d’avenir 3 ans plus tard ?

Sinke Keita : Et bien j’espère que ma marque soit mondialement connue, je ne tarie pas d’idées. Quand je vois les grandes marques comme Adidas ou Nike je me dis-moi aussi un jour, pourquoi pas alors je cherche des options de financement pour investir dans le domaine et lancer ma marque.

Flashmag : Parlant de votre tendance et de l’africanité de la mode africaine, on a tendance de se faire habiller en Afrique par les créateurs venus des autres continents. pensez-vous que vous allez contribuer à reformater les consommateurs de la diaspora noire mondiale pour les amener à consommer les produits africains ?

Sinke Keita : Rire je n’ai pas la prétention de reformater la diaspora noire je pense qu’il faut composer avec ce qui se fait de nos jours il faut rester dans la tendance actuelle pour vendre c’est aussi cela les réalités du marché. Mais en même temps il ne faut pas oublier que l’on doit essayer d’ajouter notre identité culturelle dans nos creations, mes créations honnêtement ne sont pas axées uniquement sur le marché de la diaspora noire je crée des accessoires de mode pour tout le monde.

Flashmag : Ne pensez-vous pas qu’il est temps que les créateurs de mode africains créent aussi des tendances qui seraient suivies par la populace mondiale ?

Sinke Keita : Oui je comprends, cela viendra peut-être, mais il ne faut pas oublier que la mode reste la mode et il, est difficile souvent de sortir des tendances d’une époque. c’est bien de faire des créations inédites mais il faut quand même rester dans son époque pour pouvoir vendre.

Flashmag : Il faut faire de l’art, mais il faut aussi et surtout vendre si je comprends bien. Selon vous le marché mondial n’est pas encore prêt à consommer les tendances venues de l’Afrique ?

Sinke Keita : Ah je dirais oui, tout ce qui a trait à la mode africaine reste encore un peu péjoratif mais bon on espère et on y travaille pour qu’avec le temps la mode africaine gagne en reconnaissance et je pense que nous sommes sur la bonne voie. Qui eut cru que certaines vedettes américaines porteraient des vêtements typiquement africains ? Je suis une personne positive je suis confiante que la mode africaine pourra envahir la planète un jour. Je ne désespère pas et c’est à nous créateurs de mode africains d’aider à ce que, ce jour arrive. Je n’ai pas la pretention de dire que j’y arriverais toute seule, nous sommes nombreux à faire des choses très intéressantes

Flashmag : Au moment de clore cet entretien avez-vous un mot particulier envers le public où sont disponibles vos créations ?

Sinke Keita : Mes créations sont disponibles sur le site alittlemarket. com est un site où l’on trouve des créateurs d’accessoires fait à la main. Mon web site est www.conscientious-creation.alittlemarket.com.

J’ai aussi un blog professionnel où l’on peut se procurer mes créations www.conscientious-creation.com

Flashmag : Le mot de la fin pour le public

Sinke Keita : Le mot de la fin ? c’est de dire aux africains de soutenir le commerce africain je pense qu’il est important que nous le fassions. Les autres communautés comme les indiens les chinois et autres se soutiennent et s’entraident énormément, et on peut voir quelle est leur santé économique par rapport à nous...

Flashmag : Tout à fait une communauté forte c’est une économie forte, Sinke Keita Flashmag et son lectorat vous disent merci pour cet entretien.

Sinke Keita : C’est moi qui vous remercie pour cet entretien.

Video conscientious creation - Sinke Keita

Propos receuillis par Hubert Marlin


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