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  • Hubert Marlin

Afro-européen, Afro-antillais Afro-américains ils est temps de choisir entre l’Afrique et l’Occident


Cette pensée qui a traversé le temps reste d’actualité. Nul ne peut servir deux maîtres. Car, ou il haïra l'un, et aimera l'autre ; ou il s'attachera à l'un, et méprisera l'autre, ce paradigme bien défini par St Matthieu, est une véritable allégorie de l’ambivalence tricheuse dont certains avec des siècles sont devenus des maitres, faisant de la compromission un art fétide, en faisant croire que l’on peut aimer deux concepts qui sont fondamentalement opposés, et qui depuis se combattent sans merci même si la notion de combat dans le cas d’espèce est plutôt le genre attaque, résistance , car il y a un côté qui attaque depuis des siècles tandis que l’autre côté résiste simplement aux attaques, qui avec l’aire du temps deviennent de plus en plus sophistiquées.

Dans cette guerre sournoise l’afro occidental, reste un élément clé ; car sa grande médiatisation en a fait un véhicule, par excellence d’une certaine idéologie qui vise à faire aimer le bourreau d’hier, et surtout de s’assimiler à son modèle de pensé. Le syndrome de Stockholm est la panacée miracle qui absoudrait certains criminels des forfaits commis. Dans cette guerre d’hégémonie qui sévit depuis les premières occupations de l’Egypte antique par les Hyksos eurasiatiques, tous les stratagèmes sont utilisés.

Les accusations de traite negrière envers les africains dit de souche, avec pour ambition d’absoudre ceux qui ont vraiment bénéficié de ce commerce immonde, sont souvent évoquées, et pire on ne lésine pas sur la rhétorique religieuse en affirmant parfois que l’homme noir et son continent sont maudits. Le gigantesque appareil médiatique de l’occident depuis des lustres ne cesse de passer en revues la misère de l’Afrique, pour affirmer la suprématie d’une certaine race sur l’autre et aussi pour mieux faire comprendre aux chanceux afro occidentaux, ce à quoi, ils ont échappé, et en quoi la mission esclavagiste en a fait d’eux des citoyens des pays nantis, et bénis de Dieu.

L’africain est chosifié dans les médias occidentaux les victimes des évènements violents de nos jours quand ils sont africains, jonchent les unes des médias occidentaux, banalisant la vie de ces êtres humains. Les morts ne peuvent pas revendiquer le droit de ne pas être filmer, comme qui dirait. Paradoxalement A-t-on vu un seul mort du 11 septembre 2001 aux États-Unis ou des attentats de Paris dans les médias ?

En tout cas l’ambivalence des positions des uns et des autres et la définition de qui sont les africains devrait être levé une fois pour toute, et les quiproquos démantelés et à la fin chacun en faisant son choix devrait assumer les conséquences. Aussi il est important de passer en revue les concepts de trahison supposée de l’Afrique et des africains pendant l’esclavage, le concept d’africanité, le concept de créolité et le concept de métissage et multi culturalisme, pour tirer au claire cette dichotomie ambiguë qui est sournoisement entretenue, pour faire perdurer un système de division qui permet à une certaine élite de régner.

De plus en plus dans les médias à grand tirage on voit des personnalités noires de l’occident rejeter leur racine africaine, en refusant par exemple le concept d’afro américain, revendiquant ainsi le droit à l’assimilation complète, en disant haut et fort que l’on est américain, français, canadiens, anglais, hollandais tout simplement. Ce serait une attitude courageuse et à féliciter car il faut avoir le bagout d’affirmer ses convictions, si derrière tout ce cirque n’était une volonté manipulatrice de la majorité de ceux-là, à qui il plait de temps en temps, à se plaindre du racisme quand cela est un moyen de pression qui leur permet d’octroyer certaines facilités dans le monde occidental, tandis que le déni de ses origines sert à marquer son attachement au maitre, qui est en guerre contre un peuple auquel ils sont originaires, qu’ils le veuillent ou pas, car on ne choisit pas ses parents. Les adeptes de la spéculation immonde sur la race, sont sures d’apporter une plus-value à leur capital de la honte, la société occidentale tendant à récompenser par des subsides et autres trophées des traitres à la race noire.

Les africains sont tous ces gens qui de près ou de loin ont une lignée africaine, avoir honte d’être africains est une hérésie hégémonique, le blanc caucasien comme il se prénomme n’a pas pour autant honte de ses origines qu’ il trace directement à l’homme du Neandertal, un humanoïde qui n’était pas un être recommandable de par sa violence et son anthropophagie notoire, tandis l’africain homme moderne original qui n’est pas issue de métamorphose génétique devrait plutôt être fière d’avoir amené au monde la civilisation, car pendant que le Neandertal était dans ses caves l’africain lui avait déjà réussi à maitriser son environnement et même à naviguer vers des terres aussi éloignées comme les iles Andaman de l’Asie ou l’Europe ou il croisa l’homme du Neandertal qu’il aida à devenir l’homme blanc moderne d’aujourd’hui. Mais la campagne raciste a fait de l’homme noir un singe à qui l’on distribue de temps en temps des bananes, oubliant que le cousin du Neandertal n’était pas si humain que ça.

Une autre affirmation qui ne manque pas de sens mais qui est utilisée à des fins fourbes, c’est la supposée trahison des africains, leur collusion dans le commerce de la honte, une question épineuse qui souvent reste sans réponses claires, les uns et les autres refusant de l’aborder par pudeur ne voulant pas blesser les sensibilités des uns et des autres. Pourtant Si les noirs sont tous africains, alors les descendants d’esclaves ou africains de souches, sont tous aussi bien victimes que traitres. Combien furent attristé de la perte de leurs proches partis vers des terres inconnues, et combien furent attristés à l’idée de ne jamais revoir leur terre natale, et leurs proches à qui ils avaient été arrachés ? Alors que d'autres souffraient de mauvais traitements de toutes sortes dans les Amériques, ceux restés sur la terre mère ne se la coulaient pas douce au contraire ils ont souffert l’esclavage sur leur propre terre jusqu’ à la colonisation, et le néo colonialisme actuel. L’horreur des plantations du roi Léopold au Congo et le génocide quasi-total, du peuple Herero en Namibie sont là pour rappeler à ceux qui ont un doute sur les horreurs de la domination de la puissance occidentale en Afrique.

Cependant il faut noter que si les afro occidentaux se sentent aussi occidentaux, quand on sait que les esclaves africains n’ont jamais jouit du statut de citoyen américain ou français, alors ils sont aussi esclavagistes quelque part ne serait-ce que dans leurs gènes, qu’ils ont acquis souvent hélas de manière violente. En tous cas de nos jours des victimes et des traitres, il y en a aussi bien chez les afro occidentaux que chez les africains. Des traitres il y en a, et il y en aura toujours dans toutes les sociétés. Et en même temps il faut reconnaitre et ceci une fois pour toutes que la même force qui a commis les crimes d’enlèvement de torture et de travaux forcés, est la même force qui a permis de maintenir en esclavage pendant des siècles des noirs , si les noirs en Afrique n’ont pas pu empêcher le commerce de leur frères et sœurs, ces même frères et sœurs partis pour les Amériques malgré leur nombre important par rapport aux maitres blancs, n’ont eux aussi jamais pu se libérer de l’esclavage pendant des siècles, par ce que cette même force sévissait aussi bien dans les Amériques qu’ en Afrique, nier la culpabilité de cette force et se contenter d’accuser ces victimes qui étaient contraintes de forces de contribuer à cette entreprise de la haine c’est faire le jeu de l’oppresseur.

L’être humain mis dans des conditions extrêmes peut avoir un comportement répréhensible qu’il faut comprendre, même si pour une certaine catégorie, il ne faut pas nier que l’occasion a souvent fait le larron, mais là encore c’est celui qui a créé les conditions aidant la collusion qui est coupable. La réponse à la question Qui Bono ? à qui a profité le crime devrait mener vers le coupable.

En outre l’histoire commune du peuple noir est jonchée des exemples de rébellion dans les colonies d’esclaves et des exemples d’africains de souches qui ont dit non à ce commerce de la honte. Il est temps de saluer la mémoire de ces braves gens qui se sont battus pour la liberté du peuple noir, comme Nanny la princesse Africaine de l’ethnie Akan d’Afrique de l’Ouest, qui se fit esclave dans le simple but d’aller délivrer son peuple en Amérique, créant ainsi la nation Maroon de Jamaïque qui fut déterminante dans l’indépendance ce pays. Le terme Maroon que l’on applique à la majorité des esclaves qui se libérèrent de l’esclavage et s’organisèrent en Etats indépendants (Haïti Quilombos), fait référence à la couleur marron qui est liée à la couleur de peau, même si les espagnols qui eurent maille à partir en 1552 avec une rébellion d’esclave menée par un certain Bayano esclave débarqué fraichement d’Afrique comme Nanny, donneront à ces escouades rebelles le terme cimarron qui fait plutôt référence à un animal sauvage, tandis qu’en langue amérindienne Taino, cimarron signifie l’envolée d’une flèche.

l’histoire hélas peut être capricieuse avec sa tendance à se répéter ; aussi il est à noter que certaines nations rebelles d’esclaves en cavales, signeront des traités avec les fermiers blancs, acceptant le compromis de renvoyer vers leur maitres blancs tout nouveau esclave qui fuirait, cette coopération qui peut être interprétée comme un acte de trahison, cependant n’avait servi qu’à mieux diviser la communauté noire des Amériques, et quelques temps plus tard ces nations Maroons furent attaqués et détruites par les occidentaux qui une fois de plus avaient decidé de ne pas respecter les accords de non agression. Meme si jusque dans les années 2000 du 21e siècle on en trouvait encore dans des maquis d'Amerique latine des groupuscules de Maroon, dès la fin du 19 siècle et le début du 20 siècle la mission assimilatrice occidentale prenait une autre dimension.

Après une longue guerre contre les rebelles maroons qui infestaient toutes les colonies des Amériques, guerre au cours de laquelle les maroons argentins furent totalement décimé, au Brésil voisin les choses ne seront pas facile à cause du nombre important des maroons et leur habileté au combat (capoeira). Après un traité les Quilombos de Bahia déposèrent les armes pour rejoindre la fédération du Brésil. Les rébellions maroons qui restent très peu documentées sont l’une des causes directes de l’abolition de l’esclavage. La situation était devenue invivable, le commerce très peu rentable, avec des plantations attaquées chaque fois et des récoltes détruites, et la piraterie maritime faisant des ravages encore plus importants, qu’il fallut trouver une solution, les Etats négriers devinrent ainsi au tournant de l’histoire des Nations multiraciales, où le noir reste malgré tout un sous citoyen.

Au lieu de saluer l’héroïsme de ces gens, beaucoup d’afro occidentaux de nos jours, se plaisent dans leur attitude, et même leur dires pour les plus courageux dans la fourberie, à remercier le maitre, d’avoir fait hier, de leur ancetres africains des esclaves, pour faire d’eux aujourd’hui des citoyens des grandes nations comme la France les États-Unis ou le Canada. C’est tellement snob d’être américain ou français que camerounais ou congolais comme qui dirait.

L’africanité des afro occidentaux et des africains ne devrait faire l’ombre d’un doute ; si certains peuvent renier leur racine, ils ne sauraient en même temps renier qu’en face ils sont traités de la même manière peu importe leurs lieux de naissance, pendant que dans les années 60 on se battait pour les indépendances en Afrique, aux Etats-Unis on se battait pour des droits civiques et aux Antilles on se battait pour l’amélioration des conditions de travail et l’ autonomie. La réponse du pourvoir dominant dans toutes ces parties du monde sera idem. Assimilation et liberté conditionnelle. Une réponse qui mènera au statu quo du néo esclavagisme et du néo colonialisme. Les bidonvilles de l’Afrique ont pour équivalent les ghettos de Brooklyn ou de Sarcelles, et pendant que le blanc sud-africain a toutes les facilités d’insertion sociale quand il voyage en occident, l’africain ou l’afro occidental dans ces mêmes pays reste confiné à l’arrière de la société dans une espèce de darwinisme social, l’excluant du droit au progrès social à tous les niveaux.

Les pressions sociales subies par la populace noire mondiale sont un vecteur important dans l’implosion de la communauté noire globale. Il est tellement difficile pour le noir de réussir socialement que beaucoup choisissent le chemin de la trahison.

En Afrique on peut rester président aussi longtemps que l’on veut tant que l’on sert les intérêts de l’occident contre son peuple, en occident les noirs les plus riches et célèbres sont ceux qui ne servent pas les intérêts de leurs communautés, en vendant des clichés péjoratifs sur leur race ou publiquement en prenant des positions aux antipodes de l’intérêts de leur race.

Dans le débat de l’africanité çà et là beaucoup se récusent à l’idée d’être strictement africain, ils refusent de faire fi de leur héritage créole qui n’est que le résultat de leur africanité il faut être fière d’être créole par ce que la créolité c’est l’africanité qui a refusé de s’assimiler à l’occident, en se donnant un moyen de survivre par l’ingéniosité, comme le Garifuna du Honduras et Belize, qui se parle au féminin et au masculin les hommes et les femmes utilisant des expression différentes pour parler de la même chose. Si dans les pays comme le Canada et les Etats-Unis, en dehors de la nouvelle Orléans ou jadis on parlait créole, aucune langue n’a été créé par les esclaves on peut comprendre clairement que les méthodes nord-américaines esclavagistes étaient parmi les plus draconiennes, ou au mieux la population des noirs étaient plus résilientes, à cause de plusieurs facteurs liée à la composition de la population et aux rigueurs du climat. En Jamaïque et dans toutes les Antilles anglaises et hollandaises l’on parle encore çà et là, une langue qui est un condensé d’africain, de la langue du colon et de l’amérindien. L’exception des Gullah en Caroline du sud et en Géorgie au Etats -unis est strictement liée à l’esclavage sélectif, le peuple Gullah fut réduit en esclavage simplement par ce qu’il était composé d’agriculteurs qualifiés spécialisés dans la culture du riz, et le fait de les avoir gardé ensemble sans les disperser a permis à leur langue africaine de survivre et de prendre une coloration locale empruntant des termes anglais tout en restant enraciné dans la langue Krio de Sierra Leone.

Le métissage est un élément essentiel de ceux qui évoquent l’ambivalence de la personne afro occidentale, car il y en a qui sont des métisses et qui peuvent légitiment se revendiquer d’une culturalité binaire, cependant la société racialiste actuelle a tôt fait de rappeler à ceux-là de manière directe ou indirecte que leur teinte sombre fait d’eux des noirs, encore que des africains de souche à peau claire il en existe. En tout cas dans le cas des métis, il est libre à eux de choisir le camp où ils se sentent à l’aise, même si les choix des uns et autres, une fois encore sont viciés par les pressions sociales. Beaucoup réfutent leur racine africaine par simple honte et préfèrent se mettre sous un parapluie blanc qui leur accorde plus de confort matériel, tandis qu’en rejoignant plutôt le camp noir beaucoup hélas essayent d’établir une échelle racialiste qui ferait d’eux des super noirs à cause de leur goutte de sang blanc. Le collorisme, affluence sociale liée à la clarté de l’épiderme est cet autre racisme qui ne dit pas son nom. De la même manière ceux qui sont métis et qui décident de se déclarer non noir, sont souvent motivé par une revendication de non assimilation au bas de l’échelle, car en général ils ou elles sous-entendent avoir le droit d’être traité avec égards à cause de leur statut de sous blanc dans l’échelle racialiste, où les blancs sont au-dessus, suivies par les autres races à peaux claires et les métisses, tandis que les noirs sont au bas de l’échelle. De ce fait il serait judicieux que ces derniers s’assument, et arrêtent de rappeler leurs racines noires quand ils ou elles sont victimes du racisme, on ne peut pas nourrir et se nourrir du système de caste, et espérer que ceux qui souffrent le plus de ce système vous soutiennent pour que vous ayez une meilleure vie dans un système qui en fait d’eux-mêmes des damnés de la terre.

Le rejet de l’Afrique par l’afro occidental, sonnera aussi la fin du multiculturalisme en occident ; car désormais si l’africain américain se revendique être américain tout court, il accepte aussi du même coup le rejet de son identité culturelle africaine, il perd ainsi toutes cette culture qui a fait de lui un être qui a tutoyé les cimes de la culture mondiale. Le jazz et le blues sont née en Nouvelle Orléans par les artiste créoles dont beaucoup étaient originaires de St Domingue qui devint Haïti, et ce mouvement culturel tout comme le negro spiritual qui vient du sud profond des Etats-Unis , ne serait jamais né sans la conscience et l’âme africaine de ses précurseurs, pareil pour ses excroissances que sont le R&B et le Hip hop, qui sont à l’origine une autodétermination orale dont on trouve les origines dans la tradition antique des griots du continent africain.

En tout cas qu’on le veuille ou pas la tendance d’assimilation de tous les courants culturels en occident, vers un idéal blanc de super culture est une chose qui désormais se vit, et les noirs de l’occident ne devraient plus rien revendiquer en tant que noirs car ils font désormais partie d’un tout uniforme, et s’efforcent de faire ce que les autres font mieux qu’eux, car ils ne peuvent plus imposer leur originalité en se moulant dans un moule qui n’est pas fait à leur mesure. Au mieux ils réussissent à devenir une pale copy de l’original, un schéma qui a déjà programmé leur mort culturelle. Leur disparition de la scène culturelle est une tendance qui va se poursuivre. En outre en devenant exclusivement français anglais canadiens ou américains l’afro occidental doit aussi admettre qu’il n’a plus droit à la réparation du passé ombrageux de son pays ; car lorsque l’on dit les américains ont exterminé les amérindiens, les français ont commis les crimes dans les colonies, les portugais ont fait du commerce des esclaves, en tant que français, américain, portugais canadien ou anglais, il doit se sentir tout aussi coupable par ce que d’une manière ou d’une autre il profite de ce butin de guerre qui a fait de l’occident ce qu’ elle est, et l’historique actuelle prouve d’ailleurs que beaucoup d’afro occidentaux n’hésitent pas à participer à la prédation contre l’Afrique, ce qui prouve que dans les faits, certains ont depuis longtemps franchi le Rubicon, ils n’ont pas simplement le courage de l’avouer espérant sans doute utiliser de temps en temps la carte noire pour maximiser encore plus leur profit.

Hubert Marlin Elingui Jr

Journaliste – écrivain


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