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  • Hubert Marlin

L’auto censure chez l’africain et l’afro occidental : acte de soumission ou précaution d’emploi


L’air du temps est à l’expression libre, mais dans cette liberté d’expression il y a des libertés d’expression conditionnelles et des libertés d’expression conditionnées. Aussi les frontières entre l’information et la désinformation sont devenues très minces. Dans le jargon des barbouzes l’utilisation des mi mensonges et des mi vérités est devenu le modus operandi qui fait de plus en plus d’émules, dans la manière dont est distillée l’information, par les organes de presse main Stream. Dire une partie de la vérité et cacher l’autre partie, c’est un mensonge par omission avec le plus souvent pour objectif d’égarer l’audimat dans les méandres de l’ignorance. Aussi dans le paysage des libertés d’expression conditionnelles, on dit ce que l’on veut tout en respectant les libertés des autres qui ne doivent pas être bafouées, tandis que dans le cadre des libertés d’expression conditionnées on utilise volontiers la provocation, l’anathème l’invective et le mensonge pour atteindre un certains objectif dans la désinformations de la populace et la conquête d’un certains pouvoir sur les choses qui régissent la vie des hommes et par conséquents de la conscience de l’humanité . Dans cet univers de faux fuyant où gravite l’information en temps réel et différé, avec le grand amalgame des réseaux sociaux beaucoup d’individus ce sont trouvés de nouvelles vocations dans le commentaire de l’information en continu. Les africains et les afro occidentaux sans tarder, sont en plein rentrés dans la brèche du commentaire populaire de l’information offert par les réseaux sociaux, avec noblesse et acuité pour certains, condescendance pour les autres et spéculation odieuse pour une certaine frange non négligeable.

Dans cet imbroglio informationnel, beaucoup ont sans doutes compris que tout ce qui se dit et se lit sur un réseau social peut remonter à la surface et affecter leur vie aussi bien de manière positive que négative, on ne le dira jamais assez les grandes agences de renseignement étatique comme la CIA utilisent désormais les tendances des opinions privées publiées sur les réseaux sociaux pour se faire une idée assez précise de la manière dont pense les gens. Nous vivons une époque assez critique, si la pensée unique semble morte et enterrée, il n’en est rien de ceux qui pensent qu’il faut aider les gens à penser d’une certaine manière; lorsque ces derniers essayent de présenter la globalisation comme un concept noble, ils promeuvent en fait de manière sournoise une unicité de pensée, qui ne sert que leur intérêt hégémonique. Les faiseurs d’opinions exercent une profession qui de nos jours atteint les cimes du plein emploi. A l’heure du numérique et de l’infomercial aucuns objectifs politique n’est atteint sans préparer la conscience de la populace, et qui dit préparer les consciences sous-entend à bien des égards la manipulation des consciences. La déconstruction des paradigmes imposés par les forces dominantes traitant de l’information générale est devenue une tache herculéenne pour les professionnels des medias qui essayent de poser la lanterne de l’information sur la balance de la justice. Dans un réalisme sans équivoque il est clair que la vérité si elle libère comme disent certains, peut du même coup condamner et emprisonner aussi bien les personnes que les esprits, dans une vision des choses parfois voulue par ceux qui implicitement propage cette vérité qui peut être une fausse vérité, Ou une vérité vrai qui nuirait à certains, tout en bénéficiant aux autres, le jeu des intérêt dans cet optique est souvent l’élément prépondérant.

Dans cette bataille de la conquête des consciences le néo esclavagisme est de retour, frappant les esprits avec une acuité sidérante du côté de la populace noire globale. Si avant le nègre de service se contentait de rendre des services matériels pour gagner l’estime de son maitre et des avantages matériels, aujourd’hui le nègre de service rend des services aussi bien matériels qu’ immatériels à son maitre en essayant d’endoctriner les consciences de ses semblables, ou de s’opposer à tous ceux de sa caste qui menaceraient d’une manière directe ou indirecte les intérêts de son maitre. Qui contrôle l’esprit contrôle le corps, et qui contrôle la conscience contrôle l’action, on ne le dira jamais assez.

Pendant que certains autoproclamés maitres de conscience essayent d’embastiller des nations entières dans leur schéma de pensée semant haine crime et désolation, à cause d’un idéal fallacieux qui ne sert que paradoxalement l’agenda d’hégémonie de ceux qu’ils disent combattre. On se pose la question de savoir si la civilisation de l’incivilité n’est pas le point commun, le trait d’union de la honte qui uni deux mondes qui épousent le même procédé d’oppression des autres. Le refus du droit à la vie de l’autre, en revêtant simplement des gants et des habits différents. Le racisme étatique d’un certain occident, terrorisant les populations noires de Paris à New-York n’a d’égale que la terreur subit par les populations du Nigeria ou du nord Cameroun, sous les coups de boutoir lâches d’une horde de zouaves qui essayent d’imposer par la destruction du droit à la vie des autres, pour imposer par la force leur opinion. L’instrumentalisation de la peur est quelque chose de bien connu d’un côté comme de l’autre. Encore que ces deux monde dans l’absolu ne font qu’un, l’un étant la face cachée de l’autre.

Aussi désormais après les États-Unis, la France s’est dotée des moyens logistiques et des lois permettant à son gouvernement de savoir ce que les citoyens français disent dans les réseaux sociaux et de les emprisonner au besoin. La tragédie de Charlie Hebdo a vu les premières victimes de la nouvelle stratégie de mise en bâillon de la liberté d’expression de la populace, depuis le 7 janvier 2015 plusieurs français sont mis en examen pour apologie aux actes de terrorisme, lorsque ces derniers n’exerçent que leur droit de dire ce qu’ils pensent des excès de Charlie Hebdo, qui ne pouvaient qu’attiser d’autres excès. Dans ce contexte les africains et afro occidentaux dont la principale source de revenus est les emplois précaires dont la rémunération est contrôlée par l’establishment blanc, pas toujours acquis à leur cause craindraient –ils de faire savoir leur opinion par peur de représailles?

En ces temps décadent lorsque l’on est noir dire que l’on n’est pas d’accord avec certaines choses devient un acte révolutionnaire, dont certains se détournent honteusement. Certains africains et afro occidentaux s’imposent une autocensure un déni de compassion envers leurs semblables dans le dessein spéculatif de plaire à ceux qui tiennent les cordons de la bourse, cette dénégation fait d’eux des nouveaux esclaves au service de l’establishment blanc. Pendant que dans la même semaine des centaines de personnes innocentes se faisaient massacrer par l’obscurantisme en Afrique, les journalistes et dessinateurs de Charlie Hebdo en France tombaient sous les balles de l’intolérance. pendant que des voix sérieuses s’accordent néanmoins pour fustiger une certaine manière de faire le journalisme qui verserait dans le racisme l’invective, et la provocation, soit par cynisme, hypocrisie, ou pudeur face à la mort on semble ne pas condamner ou absoudre complètement les victimes du drame. Cependant très peu d’africains et d’afro occidentaux ont eu le courage de pointer le doigt dans la bonne direction, faisant fi de leur propre malheur pour parader avec des gens qui justement n’ont jamais eu de solidarité pour eux. Quand est ce que le noir comprendra qu’il est seul face à son destin? Qu’en essayant de se faire des amis par la flagornerie et le refus de faire prévaloir ses intérêts il s’attire plutôt le mépris et la condescendance, de ceux-là qui pensent qu’il est légitime pour eux de le maintenir sous leur joug aussi longtemps que cela leur plaira. Personne n’a dit un mot sur les émeutes anti-noirs en Israël la même semaine, cependant certains présidents africains étaient très à l’aise de marcher à côté du Premier ministre israélien comme si rien de grave ne se passait en Israël contre le peuple africain. Pour preuve pendant que le Nigeria pleure ses morts avec un décompte qui s’élève à des milliers en une semaine, le président du Benin voisin a trouvé bon qu’un deuil national en la mémoire des 12 français disparus était propice, faisant fi des morts du village voisin, Il aurait plus d’affection pour les leucodermes d’outre-mer, la leucophily est le péché mignon de certains africains et afro occidentaux en mal d’acceptation assimilationniste.

Cependant à Washington en déplorant de manière laconique les victimes nigérianes, l’accent a été mis dans le communiqué de presse de la maison blanche, sur la critique du gouvernement nigérian sur son manque de respect des droits de l’homme, dont le viol perpétuel par les insurgés ne semble retenir l’attention de personne. Les exactions de l’armée américaine parues dans un très récent rapport semblent pourtant ne pas exonérer l’oncle Sam de toute atteinte à la pudeur avec des allégations de viols sur mineurs commis par des militaires américains en présence des parents des victimes en Iraq. l’opportunité d’une démarche, pleine de remontrance envers un pays souverain dans une situation si flagrante, laisserait pantois ceux qui ne comprennent pas les réels objectifs de la politique internationale des états occidentaux en ce qui concerne l’Afrique, et la politique interne de ces même états en ce qui concerne les populations noires vivant en occident.

Dans les deux cas un seul mot semble mieux résumer les idéaux : soumission. Être insoumis est un délit qui souvent peut entrainer la mort, aussi bien à Baga, à Paris, ou à New York. Face à l’agenda de l’occident il n’y a aucune précaution d’emploi, puis que la survie de l’africain et de sa descendance ne fait pas parti du programme. Dans la même optique, la soumission de l’africain a pareillement le même résultat, avec de surcroît une mort plus lente et plus déshonorante. Les africains et les afro descendants parfois ne savent pas qu’en restant debout et en faisant face à l’ennemi ils ont une chance de s’en tirer même en prenant leurs jambes au cou, battre en retraite pour mieux attaquer n’est pas le pire des choix, tandis que se mettre à genou c’est rendre sans doute un ultime service à leur maître celui de les abattre sans difficultés.

De toutes les façons certains peuvent dire bravo à Charlie car en l’espace d’une journée il a fait oublier à qui profite le crime du terrorisme. Ne regardez pas seulement les victimes, ne regardez pas seulement les acteurs d’actes ignobles, car ils font tous parti des accessoires, des outils utilisés par une certaines élite pour réaliser son agenda. Regardez le résultat de l’infamie. À qui profite le crime, qui Bono? Dans un monde en pleine mutation avec l’Afrique qui à l’horizon 2050 devraient compter 2 milliards d’habitants, tout en disposant des ressources importantes à ses pieds, ressources qu’elle devrait plus que jamais avoir le contrôle pour assurer sa survie, il est important que les africains et les afro descendants regardent leur Afrique, qu’ils sachent que ce qui s’y passe risquerait de plonger le berceau de leur race dans une période d’esclavage sans précédent. Pourtant aujourd’hui plus que jamais l’Afrique à l’intelligence et les moyens de redéfinir la carte du monde la prise de conscience de la nouvelle génération ne suffit plus il faut passer à l’action les autres y sont déjà, planifiant les guerres de division frappant tour à tour des cibles dans une guerre par procuration. Il est tout de même aberrant qu’un groupuscule qui dit combattre la civilisation occidentale ne s’acharne que sur les populations locales. Beaucoup ont oublié que l’Ecomog (Economic Community of West African States Monitoring Group), la force militaire de la CDEAO (Communauté de développement des États de l’Afrique de l’Ouest), majoritairement constituée de militaires nigérians avait joué un rôle important (institution de cessez-le-feu) dans les guerres civiles au Libéria et en Siéra-Léone dans les années passées. Craignant que le Nigéria utilise l’Ecomog pour supplanter l’influence des grandes puissances dans la sous-région, le président Georges Bush, fonda l’Acri (Africa Crisis Response Initiative) en 2004. Avec l’aide de la CIA, l’Acri recruta des jeunes islamistes qu’elle forma le long de la frontière avec le Cameroun, à la collecte du Renseignement, au maniement des armes, et aux techniques de survie. Les jeunes formés ne furent jamais enrôlés dans les armées de quelques pays que ce soit, mais sont plutôt allés grossir les rangs des insurgés à quel dessein? L’avion français intercepté au Nigeria en décembre 2014 et l’armement lourd des insurgés dont certains véhicules de marque française sont traçables par satellite, mais restent désespérément introuvable par l’occident devrait aussi faire comprendre au plus sceptiques qui sont les véritables commanditaires de l’anarchie. Il est clair que beaucoup ne sont pas Charlie mais Jack l’éventreur. Et l’histoire de demain c’est aujourd’hui qu’elle s’écrit. Certains ont déjà choisi de rentrer dans les annales de l’histoire du monde comme traitres et criminels, dans les proportions plus grandes que celles de ceux qui jadis contribuèrent aux razzias d’esclaves, une vision qui plait à un certain establishment qui lui fait une publicité éhontée, les affreux barbus sont devenus la principale attraction de ce qui se fait en Afrique. Cependant les africains et les afro occidentaux ne doivent en aucun cas laisser les ignobles avoir le rôle principal dans le film des évènements qui secouent le monde, à l’heure qu’il est. Dans cette nouvelle épreuve dont le dessein est de renvoyer le continent noir dans les profondeurs abyssale du déshonneur et de la servilité il est temps de faire bloc contre l’oppression, et la généralisation d’une étiquette de crapules, l’histoire nous donne une chance unique de se racheter de nos travers du passé aux yeux du monde et des générations futures. Ce que nous faisons aujourd’hui plus que jamais restera gravé dans les annales, le lettrisme grandissant de la population mondiale et la circulation de l’information servent ce propos. Comment voulons-nous être perçus par ceux qui viendront après nous? En tout cas les supporters sournois des structures du mépris n’ont qu’à bien se tenir avec le temps ils seront de plus en plus mis au banc des accusés et les générations du future auront une idée claire de qui a fait quoi et pourquoi avec les traces que nous laissons virtuellement et matériellement il leur sera aisé de remonter le temps et de savoir qui nous avons été. ..

Par Hubert Marlin Elingui Jr.

Journaliste Écrivain

#censurepolitiqueinternationalafrique

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