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  • Hubert Marlin

Anthologie du Racisme


Dans l’imagerie populaire certains fondent le racisme sur l’existence des différences superficielles, et la non tolérance de tout ce qui ne parait pas être semblable à soi-même; bref la mystification de l’autre, la peur de l’inconnu, qui est la résultante d’une volonté conséquente du subconscient, imposée par les conditions de l’environnement dans lequel on vit. Loin d’être une fatalité qui s’est abattue sur l'humanité le racisme, surtout dans sa forme la plus pervertie n’a pas toujours existé il est un fait relativement nouveau dans l’histoire de l’humanité.

L’histoire du monde contemporain a toujours été marquée par les clivages raciaux cependant il est intéressant de noter que le racisme tels que nous le connaissons aujourd’hui trouve ses fondements dans la période de renaissance en Europe occidentale.

Au sein des sociétés primitives, il a toujours existé des préjugés culturels, chaque groupe ethnique, ou société se définissant différent des autres, par sa langue et ses croyances, aura toujours eu tendance à dévaloriser les autres en s’attribuant les meilleures vertus.

Ainsi, Pour les grecs de l'antiquité l’établissement de la langue procède d’origine divine, leur langue est alors considérée comme sacrée et marque leur supériorité envers les peuples étrangers qui parlent une langue incompréhensible le terme grec Barbados attribué à ces étrangers en est d’ailleurs l’illustration.

Les préjugés liés à la langue et aux croyances, bref à la culture des peuples seront le socle du fondement de l’idéologie raciste.

Cependant il est très important de noter que le racisme n’a pas toujours été un clivage noir blanc car les esclaves dans l’antiquité étaient de toutes les couleurs en Grèce la majorité d’esclaves étaient des grecs eux même. La cristallisation du racisme blanc - noir, viendra bien plus tard avec l’expansion coloniale de l’Europe et la prolifération des mouvements de pensées tels la philosophie des lumières. Ce mouvement de pensée bien qu’ayant produit certains esprits formidables qui remettrons en question l’ancien régime, et en instaurant un raisonnement plus rationnel et cartésien, il est en général prouvé que ces philosophes pour la plupart étaient des ignorants de l'africains et des autres peuples, la majorité n’ayant jamais visité l’Afrique, ou alors très certainement étant de mauvaise foi et voulant marquer leur prééminence sur les autres, lorsqu’ ils en venaient aux races, leur propension sur le sujet hélas produisit des idées très erronées sur les autres races qui favoriseront le rejet et l’incompréhension des autres groupes raciaux tels les noirs, les amérindiens ou océaniens, il s’en suivra une pléthore de tragédies humaines. Les premiers génocides datent en effets de cette période. (extinction des amérindiens Beothuck en 1829).

Paradoxalement les intellectuels de l’ antiquité, ont souvent fait preuve d’une plus grande ouverture d’esprit, Platon par exemple attribuait l’invention de l’écriture à un Dieu Egyptien, Hérodote grand admirateur des peuples noirs, y ayant séjourné plusieurs fois en Afrique écrit sur l’Ethiopie : « dans cette terre d’Afrique les hommes sont les plus grands et les plus beaux et y vivent plus longtemps » parlant du système gouvernant les hommes il notera que dans les pays chauds de l’hémisphère sud les gens sont plus intelligent mais moins courageux c’est pourquoi il doivent être dirigés par les despotes. La multiplicité des royaumes n'y serait pas étrangère, tandis que dans les pays froid nordique les gens sont moins intelligents et enclin à la guerre on peut l'expliquer par l'histoire sanglante de l'Europe comme le désordre qui y régna à l’époque des Huns et autres corsaires, avant de voir l’arrivée de Gengis Khan (Mongolie 12 e siecle) qui viendra de l’Est soumettre ces peuples et imposer un certain ordre, il affirme enfin que la Grèce située dans une région tempéré est plus propice à l’édification d’une société démocratique, plus libérale et modérée.

Dans la Rome antique on trouve cette même ouverture d’esprit Cicéron écrivait : « les hommes sont différents par leur savoir mais ils sont tous égaux pour leur aptitude au savoir, il n’est pas de race qui poussée par la raison ne puisse parvenir à la vertu »

A l’aune de ce modèle de pensée il n’est pas difficile de comprendre pourquoi l’un des plus grands empereurs romain de tous les temps en la personne de César Auguste était un Africain, lui qui très tôt perdit ses parent qui émigrerent d’Ethiopie pour la Rome antique. Cesar Auguste et sa soeur perdirent leurs parents dans une épidémie de grippe qui en 98 avant J.C. frappa Rome qui à cette période là, etait déjà une ville cosmopolite multiraciale et multiculturelle. A l’Age de 4 ans il fut adopté et l’élevé dans la famille d’Octavie, maison royale d’où furent issus plusieurs têtes couronnées de l’Empire Romain. Les bustes representant Auguste Cesar qui font de lui un homme blanc strictement ressemblant à Jules Cesar ont été sciament sculpté pour obeir aux desseins d'Auguste Cesar qui se voulait ètre compris comme le DIVIUS FILI, fils de Dieu né de la chair de Jules Cesar pour taire toute contestaion sur son autorité filiale .

Le système gouvernant les hommes a toujours eu une influence prépondérante sur la perception des individus. Le moyen Age européen ouvrira une période de contemplation du reste du monde le Christianisme et l’islam s’affirmeront comme les religions majeures, cependant les inégalités et préjugés raciaux vont trouver là un nouveau terrain pour s’affirmer.

L’identité chrétienne s’est développée à partir du 11e siècle sous la forme des croisades contre les musulmans et des persécutions contre les juifs. Avant que les divers schismes de l’église catholique au courant des siècles, viennent consacrer le refus de la diversité et de l’alternance.

Si le terme racisme n’apparait qu'au 20e siècle il est important de noter que la véritable classification des races commence vers la fin du moyen Age, avec l’essor de la science , des mouvements de pensée, de l’exploration maritime, de la conquête des colonies, et de l’esclavage qui s’en suivit.

Alors que les Egyptiens les Perses, les Grecs, et les Romains, considéraient l’esclavage comme un état résultant de la guerre et de ses conséquences, les européens dits modernes, fiers de leur prestige ne pouvaient pas pratiquer la capture, l’achat, la vente et l’exploitation esclavagiste d’autres êtres humains, sans qu’une idéologie bien établie ait conforté cet état des choses. Les autorités religieuses et les grandes figures intellectuelles de l’époque débattront de la question de savoir si les Africains Amérindiens et autres Océaniens, sont dotés d’une âme comme cela avait été fait longtemps auparavant quand il s’agissait des femmes ! (pendant le concile de Macon en 585 les membres du clergé eurent recours à un vote après que l’exception fut soulevée par un évêque; avec la majorité d’une voix la reconnaissance d’une âme aux femmes l’emporta) Si ces peuples n’ont pas d’âmes alors ils ne sont pas des êtres humains et ne descendraient pas d’Adam et Eve tels que prêché par l’église (thèse du monogénisme Dieu créa Adam et Eve). Adepte de la thèse polygéniste (Dieu créa plusieurs races), grand pourfendeur de l’Eglise catholique qu'il trouvait dangereuse Voltaire relègue la race noire à la simple animalité il écrit « des negres et des negresse transportés dans les pays les plus froids produisent toujours les memes animaux de leur espèce… son principale opposant sur la question et contemporain Montesquieux ajoutera: " on ne peut se mettre dans l’esprit que Dieu qui est un être très sage ait mis une âme dans un corps tout noir"

Il en résulte que si les ces peuples n’ont pas d’âme leur esclavage est permis; cependant s'ils en ont une comme on conclura enfin, l’esclavage est tout aussi permis tant que ces peuplades n’ont pas embrassées la vraie foi, l’esclavage serait dans ce cas un canal de cheminement vers la foi religieuse, la lumière divine. l’islam en se propageant emploiera le même principe.

Le 19e siècle quant à lui verra se développer des théories scientifiques pour valider l’esclavage et l’ancien régime, Arthur Gobineau dans son « Essai sur l’inégalité des races » affirme l’hégémonie de la race nordique. Elle possède selon lui des vertus supérieures et ne doit pas se mélanger aux autres pour conserver sa pureté. La réaction de l’anthropologue Haïtien Antênor Firmin, avec l « Essai sur l’Egalite des races humaines » est loin d’être une réaction épidermique mais simplement une remise des pendules à l’heure en prônant par excellence que tout être humain quel que soit son origine ou sa race possède les même qualités et les même defaults » si à l’époque, son essai trouva un écho très peu favorable ceci est compréhensible vue les conceptions générales du 19e siècle esclavagiste.

Le rationalisme des empires coloniaux, existant va s’appuyer sur des thèses dites scientifiques, qui parfois se verront teintées d’un humanisme suprématiste. Rudyard Kipling parlera du fardeau de l’ homme blanc, évoquant la mission civilisatrice des races dites supérieures vis avis des races dites inferieures. Cependant loin de favoriser le progres des autres la doctrine coloniale s'emploiera, à creer une espèce de Darwinisme social pour garder un certain ordre des choses. le Darwinisme social sera très vite mis en épreuve au début du 20e siècle suivant par le rapport de la Carnegie Corporation qui estimera dans un memo de 5 volumes relatif à la situation en Afrique australe et à la pauvreté de certains membres de la race blanche dans le sud des Etat unis, qu’ il n y a aucun doute que si les noirs indigènes ont la chance d’avoir accès à l’éducation et au développement économique il deviendront à même capables de surclasser les blancs peu habiles, la politique d’apartheid sera ainsi créée pour freiner l'évolution des noirs dans cette région du monde.

De nos jours le Darwinisme social continu à sévir de manière plus sournoise et subtile, dirigé par une certaine élite blanche, il vise à détruire ce qui n’est pas conforme aux normes établies ; plus par leurs idéaux hegemonique que par ce qu’ils appellent civilisation, car dans ce terme civilisation il y'a le dérivé civilité, qui inspire normalement le respect de l’autre et ses différences des principes que la civilisation occidentale ne connait pas, ne respectant ni la vie, ni les us et coutumes des autres dans son mode d'expension. A titre d'exemple en 2011, la controverse née d’un spot publicitaire d’une compagnie de produit de beauté qui appelait les jeunes noirs à la recivilisation montre la nouvelle facette du racisme au 21e siècle.

De nos jour Le racisme reste basé sur la division des races afin que puisse régner un ordre dominé par une idéologie suprématiste, les préjugés ethniques, religieux, culturels, chauvins et xénophobes, continuent de le nourrir, même si on assiste de plus en plus avec le concept du nouvel ordre mondial à une espèce d’uniformité dans la division, avec le principe selon lequel les êtres humains de toutes origines et cultures doivent se fondre dans un modèle conçu par l’establishment élitiste de la race dite blanche. Chaque membre de cette structure social préétablie exerçant des fonctions bien définies. Il n’est pas rare de voir certains affirmer que certains métiers sont réservés plus à certains individus appartenant à une certaine race ; ainsi les classes sociales deviennent de plus en plus liées à la race et l’origine des individus,( les juifs banque et commerce, Asiatique manufacture, Africain, sport, musique, Européens blancs, sciences et technologie... etc.) au vue de cette division professionnelle on se rend bien compte que les noirs une fois de plus ont un rôle négligeable on ne serait pas loin de penser que lorsque les autres races occupent des fonctions très importantes, les noirs n’ont qu’ un rôle de bouffon des rois, chargés de divertir les classes dirigeantes par le sport ou la musique.

A l’heure qu’il est, faire échec au racisme sur toutes ses formes y compris le racialisme qui n’est qu’une excroissance du racisme sous couvert de la science, il est important que certaines frontières soient brisées ; l’accès libre du savoir et des ressources aux individus de toutes races de manière égalitaire serait la solution idoine, doublée d’une saine émulation des individus et groupe sociaux. Le développement des nouvelles technologies de communication devrait participer grandement à l’édification d’une société plus tolérante et pacifique gage d’un bienêtre social durable pour tous.

Par Hubert Marlin Elingui Jr

Journaliste - Ecrivain


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