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  • Hubert Marlin

Espionnage & Ressources Conquête du Pouvoir Politique en Afrique


Qui maitrise le renseignement maitrise le future, ou en tout cas, à l’avance sur les autres pour prendre les décisions idoines. Sun Tzu dans l’art de la guerre estime qu’un prince avisé et un brillant capitaine sortent toujours victorieux de leurs campagnes et se couvrent d’une gloire qui éclipse leurs rivaux grâce à leur capacité de prévision. Or la prévision ne vient ni des esprits ni des dieux ; elle n’est pas tirée de l’analogie avec le passé pas plus qu’elle n’est le fruit des conjectures. Elle provient uniquement des renseignements obtenus auprès de ceux qui connaissent la situation de l’adversaire. »

L’Afrique grenier des ressources minières de l’humanité reste la place la plus convoitée. L’histoire trouble de l’esclavage et de la colonisation, dont la littérature abondante exhibe sans délit de chasteté, le partenariat de subordination entre l’Afrique et le restant du monde, est une fenêtre ouverte sur la réalité des arcanes du pouvoir politique en Afrique.

Depuis les indépendance factices des années 60 en Afrique ; une armée de régents mercenaires, inféodés au système de spoliation qui les copte aux strapontins, sont depuis ce que l’on appelle « agents en place », dans le jargon des barbouzes. Les agents en place sont des personnalités exerçant des fonctions importantes dans un domaine, qui à cause de leur attache avec les réseaux des services d’espionnage des puissances étrangères, servent en fait leurs maitres, qui à leur tour s’assurent qu’ils gardent leurs positions de privilèges dans les appareils étatiques , en influençant de manière directe ou indirecte le paysage socio politique d’un pays donné, en manipulant par exemple le mode d’accession au pouvoir politique pour favoriser leurs agents. En Afrique francophone on estime qu’au moins 90 pour cent de personnalités exerçant des plus hautes fonctions dans les gouvernements ont des attaches avec l’occident aussi bien par les réseaux sectaires que les lobby de pression, qui avec les services d’espionnage forme une nébuleuse qui depuis pratiquement un siècle, sème la pluie et le beau temps sur le continent.

Malgré les progrès de la technologie, le renseignement humain reste prépondérant. Les espions des puissances étrangères sont indétrônables influençant de manière décisive le destin de millions de personne sur le continent.

L’entrée dans le théâtre des opérations des nouvelles puissances comme la Chine n’a qu’augmenté le degré d’intérêt, tout en aiguisant le bellicisme. L’émergence du terrorisme et des fondamentalismes religieux en Afrique n’est qu’un cheval de Troie qui à terme devrait décupler la présence des forces étrangères sur le continent. Un continent dont la population continue de croitre de manière exponentielle, alors que ses ressources sont exploitées par les autres, devra dans un future proche voir des rébellions qui s’en prendraient non pas seulement au gouvernement corrompus qui depuis sont un rempart aux véritables pilleurs, mais aussi aux multinationales qui malgré le Chaos dans les pays comme le Congo ou la Libye continuent néanmoins d’exploiter les ressources minières.

Au début des années 70, alors que la guerre froide est à son pic, et que les coups d’états sont la chose la plus partagée en Afrique, la CIA dispose de plus 300 agents actifs sur le continent repartis sur 40 stations. L’accès aux ressources et la croissance de la population africaine est préoccupante pour les américains. L’administration américaine par un mémorandum secret "National Security Study Memorandum 200: Implications of Worldwide population Growth for U.S. Security and Overseas Interests" ; décida de travailler d’arrache pieds à la dépopulation des pays dits du tiers monde, pour la simple et unique raison que trop de bouches locales qui lorgneraient sur les richesses sous leur pieds, mettraient en péril l’appétit gargantuesque des Etats-Unis. Pour éviter que les Etats-Unis ne soient accusées "d'activités impérialistes à visée raciale", il fut recommandé d'utiliser des agences internationales, des groupes privés, des organisations politiques et religieuses qui seraient dépêchés sur les territoires à conquérir . les ambassades américaines quant à elles, devaient recueillir des informations à travers le monde afin de saisir chaque occasion de promouvoir des programmes de réduction de la fertilité. Un agenda qui depuis est remis au menu du jour par le Président Français Emmanuel Macron qui estime que la fertilité est dangereuse pour l’Afrique. Bien même quand il y aurait des questions importantes à se poser sur le développement et la fertilité dite excessive des femmes africaines, il faudrait plutôt revoir le goulot d’étranglement économique qui confine le continent noir au sous-développement. Un goulot d’étranglement qui est l'apanage de l'occident. Aussi la guerre qui embrase le Congo depuis les années 90, avec plus de 6 millions de morts, est aussi et surtout avant tout, une guerre de dépopulation. Un Congo riche et inhabité, serait l’idéal pour son exploitation servile. Aussi, à défaut de dépeupler complètement, il est aussi souvent encouragé une destruction du pouvoir de l’Etat, dans les régions riches en minerais, comme c’est le cas au Nord Mali, dans les provinces du Nord-ouest et du Sud-ouest Cameroun, tout comme en Somalie ou en Libye qui désormais sont des états en faillite.

Le contrôle des ressources est l’élément catalyseur de l’espionnage sur le continent africain, et les présidents africains sont en général de simples contremaitres des plantations coloniales. C’est un schéma grotesque, mais qui illustre à merveille le monde, selon la définition du capitalisme impérial. L’idéologie raciste quand elle existe dans les pays de l’hémisphère nord, du Golfe persique, et de l’Eurasie, ne sert qu’à préparer les esprits à la légitimation du droit de spolier les peuples jugés inferieurs. Dans les années 70 la guerre d’Angola a vu non seulement le socialisme s’opposer au capitalisme mais aussi et surtout les forces racistes s’opposer aux peuples opprimés. Il est de notoriété publique que malgré les embargos, le régime d’apartheid en Afrique du sud entretenait de très bonnes relations avec la CIA américaine ou le SDECE français. S’il a été établi dans les années 90 que la CIA avait participé au projet Coast qui visait à exterminer la race dite noire, par des méthodes sophistiquées, telles que les pandémies qui ne frapperaient que des individus à grand taux de mélanine, le contrôle des ressources minières de l’Angola était au centre des préoccupations des puissance occidentales. Après un accord passé avec le BOSS, le service d’espionnage du régime d’apartheid, lors d’une visite du directeur de ce service à Washington DC, la C.I.A. s’efforça d’organiser le recrutement d’une importante force de mercenaires, pour combattre le MPLA de Dos Santos qui s’opposait à l’UNITA de Joseph Savimbi. Le SDECE mis la CIA en contact avec Bob Denard, qui venait d’organiser un nième coup d’Etat aux Comores. Denard avait déjà fourni des mercenaires français au président Mobutu pour l’aider à réaliser ses projets d’Invasion de l’enclave de Cabinda, riche en pétrole. Pour 500 000 dollars, l’infame truand français, accepta de fournir vingt mercenaires pour « conseiller » l’UNITA , tandis que le SDECE prêta son concours en donnant les passeports et les visas nécessaires. Cette coûteuse opération de mercenaires vit aussi la participation de commandos portugais d’Angola, aussi bien que de mercenaires britanniques et américains. Devant une armée cubaine à forte coloration afro, doublée d’africains aguerris au combat à cause de longue années au front. Il y eut une espèce de fusion morale de ces forces qui avaient là, l’occasion idéale de combattre ensemble un ennemi qui avait largement contribué, et ceci des siècles durant, à l’esclavage des peuples noirs. Sans attendre l’aval de Moscou, les cubains et les Angolais engagèrent des hostilités et infligèrent une correction mémorable aux forces sud-africaine appuyés par l’armée des mercenaires de Bob Denard .

Au-delà des ressources minières qui sont la chasse gardée des puissances étrangères à l’Afrique ; le commerce international avec la détérioration des termes de l'échange et les outils de souveraineté des états comme la monnaie qui sont confisqués par les puissances étrangères, forcent le respect de la règle miséreuse sur le continent . Quand ce ne sont pas des traitées humiliants comme ceux sur le partenariat d’échange inégalitaire avec l’occident, la France avec le système Nazi du Franc CFA qu’elle impose en Afrique francophone, et en Polynésie récupère à elle seule 50 pour cent de toutes les recettes réalisées par les pays qu’elle surexploite déjà. On estime ainsi que chaque année pas moins de 400 milliards d’euro appartenant aux pays africains de la zone franc sont ainsi confisqué par le trésor français. La France en même temps imprime les billets de banque en circulation dans ces pays, et a un droit de veto dans les banques centrales des pays de la zone franc pour annihiler toute tentative de changement du système servile, lorsque d’autres moyens létaux comme l’assassinat politique par les barbouzes ne suffisent pas, ou sont jugés trop salissants.

En 1959 la Guinée de Sékou Touré qui voulait s’affranchir du F CFA avait vu son économie déstabilisée par l’opérations Persil menée par le SDECE. La France inonda le marché guinéen de fausse monnaie pour créer l’inflation. Tandis qu’une insurrection armée avait été lancée dans le Fouta-Djalon pour renverser Sékou Touré.

De la Cote d’ivoire, à la Libye en passant par l’Egypte ou le Burkina et la Tunisie, partout où il ya eu changement violent, ou populiste de régime, c’est par ce qu’il y avait une volonté des puissances occidentales de changer la donne, ou simplement de virer l’un de leurs agents en place devenu incontrôlable. Au Rwanda le génocide qui est déclenché le 6 avril 1994 avec l’assassinat par attentat des présidents Burundais et Rwandais serait en fait un complot sorti tout droit des officines occidentales. Paul Kagame ancien officier supérieur des services d’intelligence militaire ougandais était très proche de la CIA, bénéficiant d’une bourse qui lui aura permis d’étudier au US Army Command and General Staff College à Fort Leavenworth, au Kansas. Cette proximité aura aidé Kagame à prendre le pouvoir au Rwanda malgré le million de morts du génocide. La guerre qu’il sponsorise au Congo en premier pour chasser Mobutu du pouvoir et imposer Laurent Desiree Kabila, et secundo pour aider à piller le Congo, avec ses maitres occidentaux, n’est que la continuité du plan de spoliation de l’Afrique et du Congo en particulier.

Au Tchad Idriss Deby arrive au pouvoir le 1er décembre 1990, avec l'aide des services de renseignement français, après un séjour en Libye auprès du Colonel Mouammar Kadhafi chez qui, il s’était réfugié en 1989 alors qu’Hissen Habré avait décidé de lui faire la peau ; ses forces rebelles s'emparent de N'Djaména et chassent Habré qui se réfugie au Sénégal. Logiquement alors que le Tchad, quelques années plus tard lance la vaste exploitation de son pétrole, c’est ceux qui auront aidé son arrivé au pouvoir qui auront la part belle dans les contrats. Et au Tchad comme partout ailleurs en Afrique l’accession aux plus hautes fonction de l’Etat, est toujours tributaire d’une cordiale entente avec les parrains des services d’espionnage occidentaux. Comme ce fut le cas en Cote d’ivoire avec l’intervention de l’armée française pour installer au pouvoir Alassane Ouattara, contre un Laurent Gbagbo qui était devenu impopulaire dans les chancelleries occidentales, pour ses velléités d’émancipation économique de la Cote d’Ivoire.

Le socialisme que Laurent Gbagbo ou Kadhafi prônait étant l’ennemi congénital du capitalisme impérial.

Au Cameroun, la situation n’est pas moins préoccupante. Paul Biya au pouvoir depuis plus de 36 ans aura en premier eu une ascension fulgurante à cause de sa proximité alors qu’il était encore étudiant en France, avec les réseaux du SDECE et du redoutable Jacques Foccart, le monsieur Afrique de la France. Au-delà de la France, et de son allégeance au système de spoliation du continent contre strapontin, comme presque partout ailleurs en Afrique ; le président camerounais qui vient d’être réélu a su tisser des alliances ésotériques et militaires avec l’Etat d’Israël. Un acteur majeur de la politique internationale de l’occident, qui depuis, en plus de sa sécurité, lui assure par des réseaux efficaces, une influence discrète qui aura fait de lui un indéboulonnable. La disparition de l’un de ses opposants de toujours Guerandi Mbara dans les circonstances qui restent floues est une énigme. A l’heure où les opérations militaires dans le nord du pays, avec les exactions de la secte Boko Haram et des coupeurs de routes, faisaient craindre une chute imminente du régime par la Guérilla. Guerandi Mbara ancien capitaine de l’armée camerounaise en exile depuis le Putsch manqué du 6 avril 1984, aurait disparu après qu’il ait contacté en 2012 Georges Starckmann, un armurier de la place parisienne, afin de lui fournir des armes pour une insurrection contre le régime de Paul Biya. Starckmann qui aurait des attaches avec le Mossad Israelien, aurait vendu la mèche aux autorités de Yaoundé, qui organisèrent une embuscade par l’entremise des espions occidentaux, qui auraient réussi à livrer Guerandi à un destin morbide.

L’entrée de la Chine dans le partage du gâteau africain n’est pas sans inquiétudes, si Pékin en général se refuse d’intervenir dans la politique interne des Etats, se contentant en général de se mettre en affaire avec des régimes souvent jugés dictatoriaux, il n’est pas moins vrai que l’empire du milieu a recours à des techniques des plus sophistiquées pour la collecte des informations. En installant l’une de ses bases navale à Djibouti juste en face de celle des français et des américains, Pékin attend jouer un rôle prépondérant dans les années à venir. Le scandale des équipements Chinois truffés de mouchards offert à l’Union Africaine est un signal fort. En plus de la construction des bâtiments, en 2012 Pékin avait « gracieusement » offert un système informatique à l'UA. 5 ans plus tard, en janvier 2017 les informaticiens de l'organisation panafricaine constatèrent une « étrange » saturation des serveurs de l'UA entre minuit et 2h du matin. Une anomalie qui après investigation s'avéra être due à des transferts massifs de données internes de l'UA vers des serveurs hébergés dans les environs de Shanghai; la mégapole chinoise. Cette découverte a permis d'identifier des backdoors laissés volontairement par les ingénieurs chinois en 2012 et qui offraient un accès discret et privilégié à l'intégralité des échanges et productions internes de l'organisation. Cette gigantesque fuite de données aurait duré depuis 2012 jusqu'à la découverte du pot aux roses en janvier 2017. Les opérations d'espionnage qui ciblent l'UA ne se limitent pas à la Chine, pour rappel les documents d'Edward Snowden prouvent que le GCHQ (service de cyber espionnage britannique) ont intercepté des courriers et appels de responsables panafricains entre 2009 et 2010. Les services d’espionnage français privilégient le renseignement humain au sein allant jusqu'à tenter le recrutement de personnalités à la tête de la Commission.

Certains pays africains comme l’Afrique du Sud, ou le Maroc s’essayent aussi à l’espionnage pour à tout le moins protéger leur territoire et prévenir. C’est ainsi qu’en 2017 le Maroc a lancé son premier satellite espion Construit par le consortium franco-italien, Thales Alenia Space et Airbus. Les Mohammed-VI A et B forment un système de deux satellites placés sur la même orbite à 694 km de la Terre, ces satellites sont capables de prendre jusqu’à 500 photos par jour. Un avantage géostratégique qui inquiète l’Espagne voisine, qui a des démêlés territoriaux avec le Maroc depuis des siècles, notamment les enclaves de Ceuta et Melilla, et les cinq îlots au large de la côte marocaine. L’Espagne ne dispose pas de son propre satellite « espion », et se contente plutôt de contribuer à hauteur de 2,5 % au programme d’observation européen Hélios, aux côtés de la France (majoritaire à 90 %), de la Belgique, l’Italie et la Grèce. Une participation qui reste insuffisante puisque, lors de la crise de « l’îlot Persil » en 2002, qui a failli dégénérer en guerre ouverte, la lourde bureaucratie de l’Union européenne n’avait pas permis à l’Espagne d’obtenir au moment opportun des images satellitaires sur les mouvements de troupes marocaines. En dehors de ce que les spécialiste appellent espionnage en temps de paix, qui vise toutes les activités de collecte illégale d’informations, contre des entités étatiques; il est important de noter que même si les hostilités entre les pays ne sont pas ouvertes, il existe depuis plusieurs siècles une guerre asymétrique pernicieuse d’intérêt contre l’Afrique et ses ressources. Si pendant l’esclavage la ressource naturelle la plus recherché était le labeur humain, et des techniques comme celle l’ethnicisation, l’exacerbation du tribalisme, et des guerres permirent de faire des prisonniers de guerres qui se retrouvaient dans les cales des bateaux negriers ; il est important de noter que rien n’a changé dans la stratégie de division et de domination. Les rapports entre les différentes composantes de la populations du continent africain continuent d’être exacerbés artificiellement afin de créer des mésententes qui facilitent des conflits, qui aident au sous-développement.

Depuis des lustres les économies africaines sont confinées au bas de l’échelle, dans une stratégie d’assassinat économique, qui force ces pays à être simples fournisseurs de matières premières, qui sont souvent achetées à vil prix. L’illettrisme technologique quant à lui est savamment entretenu par les mêmes entités qui contrôlent ceux qui gouvernent ces pays, pour pérenniser le chaos profiteur. Si la misère est la mère de tous les vices, l’ignorance est le père du néant , quand on ne sait rien on ne fait rien.

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Hubert Marlin

Journaliste


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