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  • Hubert Marlin

Le salaire du singe, la monnaie de singe, et le prix du singe


Pendant que l’on s’émeut à profusion sur les conséquences de la misère des peuples noirs, il reste très peu d’énergie pour se consacrer aux raisons qui créent cet inconfort social et économique de la populace noire dans le monde; et les explications les plus saugrenues rivalisent d’ingéniosité. Le blanc aurait construit un monde d’exclusion qui ne permet pas l’évolution de l’espèce dite noire, ou alors les noirs seraient simplement maudits, une race qui devrait être purement et simplement confinée à l’esclavage, une version soutenue en général par les religions abrahamiques comme le christianisme et l’islam qui malgré tout continuent de compter des millions de fidèles à travers le continent africain et la diaspora noire du globe. Lorsque certaines sourates islamiques telle celle des abeilles, admettent l’esclavage des païens nègres, le christianisme à travers la malédiction de Cham ne réserve pas un sort très glorieux aux noirs du monde, une bulle papale d’ailleurs

légalisa leur esclavage en 1454.

La religiosité extravertie du continent africain et de la diaspora noire résume en elle seule le paradigme d’aliénation et de soumission de la race dite noire à un idéal destructeur ; car comment comprendre que ce soit ceux qui ont prêché la haine contre le peuple noir en le réduisant à l’esclavage et à la colonisation qui se retrouvent être le modèle de référence de la populace noire ? une situation aberrante qui ne pouvait que donner voie au néo esclavagisme actuel. La première pierre du temple d’aliénation du peuple noir, reste et demeure la singerie de l’ennemie. Le mimétisme est son Némésis. En voulant être comme leurs ennemis, les noirs logiquement sont devenus leurs propres ennemis, et le reste n’est que la conséquence logique du noir qui succède à son bourreau d’hier, et continue sa basse besogne, usant simplement le masque noir pour mieux camoufler les forfaits de l’idéal auquel il est soumis.

Cependant, Si le peuple noir n’est pas maudit, il n’est pas saugrenu de dire qu’il aura tout de même croisé sur son chemin une malédiction qui, il faut le dire est en grande partie responsable de ses malheurs. L’inculture l’analphabétisme et le manque de politique aidant le progrès socio-économique, sont souvent pointés comme les principales causes de retard du continent africain. Cependant on constate en observant le niveau de vie de la diaspora noire qui vit dans des environnements plus aptes, à lui offrir des garanties sur le plan de son développement socio-économique, que les résultats restent les mêmes.

Le noir, partout où il est, reste prolétarisé. Les quelques exemples de bourgeoisie nègre publicisés par la presse occidentale cachent très mal, le marasme global de la populace noire. Lorsque les plus futées parlent d’inadaptation du monde noir aux techniques du modernisme, on a l’impression que l’on parle d’un peuple qui vient de débarquer sur terre et qui ne sait rien de la vie sur la planète, pourtant les faits historiques et le vécu quotidien semblent plutôt soutenir les thèses de l’antériorité de la populace noire, et de sa pugnacité quant à la survie dans des environnements plus qu’hostile.

S’il fallait prendre en compte la thèse civilisationnelle justifiant le combat contre la populace noire, en 15 siècles d’apprentissage, car les premiers cas de prise en otage dans le cadre de la mission civilisationnelle, visant le formatage à l’humanité, à la religion et à la civilisation, des indigènes africains, datent de la période du 5e siècle, lors de l’esclavage arabo musulman, qui a laissé très peu de traces à cause de son caractère destructeur, car les esclaves Africains qui étaient pris de force chaque année sur la base des traités de la honte comme celui de Bakht en 652, entre la Nubie et l’Arabie, et des razzias d’esclavage dans le reste du continent, sur la base fallacieuse du prosélytisme musulman, étaient souvent stérilisés par des méthodes cruelles comme la castration. Le motif de dressage civilisationnel de la race dite noire ne tient plus, et du reste n’a jamais tenu. On ne peut pas apprendre à un peuple à être humain pendant 15 siècles, et estimer qu’il n’a toujours rien appris, et continuer ainsi à justifier toute sorte de mépris et de mauvais traitement. Il en découle que c’est plutôt un système de domination perpétuel profiteur, qui depuis justifie l’oppression de la populace noire. La situation est d’autant plus scandaleuse, que l’on peut très mal justifier le fait que celui qui est allé par exemple dans une école de médecine reste apprenant en médecine toute sa vie car jamais il n’a la liberté d’exercer son métier librement et de développer de nouveaux principes, tant il ploie sous la férule d’un maitre ubiquitaire. Pareillement, la prédation néocoloniale s’apparente beaucoup de la situation religieuse où les fidèles apprennent à connaitre un Dieu toute leur vie sous la férule des dogmes, professés par des pasteurs, ou des imams, sans jamais avoir l’opportunité de comprendre leur foi et par de là, le déchiffrement des écritures, dont la codification hermétique depuis des lustres n’obéit qu’à un agenda d’asservissement. On s’attend à ce que celui qui a appris à conduire un véhicule un jour prenne lui-même le volant et décide d’appliquer son savoir, mais dans le cas de la religiosité chrétienne ou islamique ce n’est jamais le cas, l’instructeur reste omniprésent, tout comme bien sûr dans les rapports entre l’occident colonisateur et esclavagiste et le continent africain et sa diaspora qui depuis des siècles sont toujours jugés immatures.

Aussi, on peut se poser la question de savoir à qui profite le crime d’immaturité perpétuelle de la populace noire globale ?

Pour le comprendre il faut revenir au titre de cet édito qui dans le salaire de singe fait allusion au fait que le noir à compétence égale avec l’occidental, a rarement le même salaire que ses compères occidentaux et il y a des situations qui frisent l’indécence, un africain major de sa promotion dans une école de médecine en occident recruté par un hôpital africain au même titre qu’un camarade blanc de sa promotion aura indubitablement un salaire inférieur à son congénère blanc. Et mieux l’africain en Afrique ou dans la diaspora est souvent forcé de faire des métiers qui ne correspondent pas toujours à son pedigree académique. Ils sont légions les cas de ces africains titulaires de doctorats qui font de la plonge(vaisselle) ou conduisent des taxis dans les capitales occidentales faute de trouver mieux. En Afrique par exemple dans les secteurs comme le sport, les entraîneurs expatriés touchent des salaires mirobolants alors que les entraîneurs locaux qui ne sont pas des moindres quant au talent, en général, sont payés 100 fois moins cher.

L’infantilisation de la femme et de l’homme noir aussi bien dans le domaine des medias que de l’art ne contribue qu’au maintien de ce statu quo d’asservissement.

Le second point et pas des moindre est la monnaie des singes c‘est un secret de polichinelle que de dire que les échanges nord sud sont plombés par des phénomènes comme celui du Franc CFA, qui place les économies de l’Afrique au bord de la faillite perpétuelle, qui elle profite à l’embonpoint perpétuel de l’ occident principal bénéficiaire de la situation de crise perpétuelle.

Et enfin la monnaie de singe ne pouvait qu’être conclue par le prix du singe. Dans l’Amérique ségrégationniste des années 50 ce n’était un secret pour personne, que les noirs qui se pointaient dans les échoppes pour faire leurs emplettes avaient des tarifs « préférentiels » qui paradoxalement étaient toujours plus élevés que ceux des blancs.

La fin officielle de la ségrégation, n’a pas changé la donne. En 2008 pendant la récession économique et les années qui suivirent le scandale des produits banquiers toxiques vendus aux populations noirs à mis des centaines de milliers de familles noires dans la rue, perdant des maisons qu’elles avaient acquis par des arrangement banquiers prédateurs. Et bien sûr le gouvernement américain dirigé par Barack Obama à l’époque n’a rien fait de mieux que d’indemniser les brigands de la finance, ne rendant jamais justice aux milliers de familles contraintes à la misère. Le recours à l’injustice extreme en général est un outil de domination qui fait comprendre aux lésés le caractère irréversible de leur situation qu’ils devraient accepter dans la soumission ou périr. En Afrique la situation n’est pas non plus meilleure, le transfert de la technologie coute un prix exorbitant, pas seulement à cause des frais du au fret ou à la douane, car dans un secteur clé comme celui des télécommunications les tarifs qu’opèrent les multinationales distribuant l’internet et la téléphonie mobile sont des holdup à ciel ouvert, lorsqu’en général les multinationales sont des adeptes de la fraude fiscale, ne payant rien ou presque aux états, se contentant de temps à autre de corrompre quelques fonctionnaires véreux, le prix général d’un appel téléphonique vers l’Afrique ou à partir de l’Afrique pour l’occident est environ 30 fois plus cher, que les appels entre les pays occidentaux et asiatiques tandis que les connexions internet ADSL coûtent par exemple 100 000F CFA soit environ 152 Euro dans un pays comme le Togo, le même service coûte l’équivalent de 20 000 Fcfa soit 30 Euro environ en France. Ces services à cause des liens du colonialisme capitaliste sont souvent offerts par les mêmes entreprises aussi bien en Afrique qu’en Europe, et paradoxalement, ces entreprises font plus de profits dans les pays du tiers monde prétendument plus pauvres, que dans le monde occidental plus riche.

Bien sur certains parleront de la cherté des coûts due aux difficultés techniques pour réaliser l’exploit d’apporter la civilisation numérique dans un environnement rugueux, et oublieront une fois encore que cet environnement-là est peu propice justement à cause des raisons évoquées plus haut qui perpétuent le sous-développement. Ce n’est pas le monde qui exclu le peuple dit noir, c’est simple un système d’exclusion qui a ses tentacules à travers le monde qui en a fait une race de honnis, si l’on compte le plus grand nombre de traîtres à la cause, dans la race dite noire c’est forcément qu’il y a une guerre que subit ce groupe d’individus, n’en déplaise à certains, et avant d’abonder dans les théories complotistes il est important de se poser la question de savoir pourquoi le peuple noir serait en guerre ?

Qu’est ce qui fait à ce que la race dite noire soit considérée comme la plus hais dans les 4 coins du monde? Et pourquoi le racisme semble se focaliser uniquement sur ce groupe d’individus?

Alors que les autres groupes d’individus ne sont point des parfaits amis, on a toujours l’impression que lorsque que les autres groupes raciaux semblent être en désaccord sur des questions qui leurs sont propres, lorsque l’équation africaine se pointe un consensus se forme pour en premier mettre le noir à la place qui serait la sienne, à savoir à peine en dessus de l’animal, mais surtout en dessous de tous les autres groupes blancs, asiatiques, pacifique islandais , arabes et autres indiens. Le rejet et le mépris des autres devrait être l’élément fédérateur qui enfin devrait sonner la prise de la conscience de la populace noire globale car personne ne lui donnera le respect si elle ne se respecte pas elle-même dans la singerie des autres.

Le renoncement à son identité intrinsèque, conduit indubitablement au mépris des autres qui lui-même est méprisable.

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Hubert Marlin Elingui Journaliste


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