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  • Hubert Marlin

La rupture totale avec un Etat corrompu est possible sans fédéralisme ni sécession.


La situation sous les tropiques est chaude, pas simplement à cause du climat, mais surtout à cause des tensions sociales, qui perdurent depuis des décennies, et les autorités en charge de ces Etats en général ont toujours employés des mesures cosmétiques, tout en divisant l’opinion publique, corrompant la classe politique, et muselant les masses aussi bien par la misère, que les forces de police, qui sont implicitement incitées à faire ce qu’il y a de mieux pour mériter de gagner leur pitance. Le secteur des armées et de la police, depuis des décennies de crises ayant été jusqu’ ici le seul recrutant des cadres et agents qui en général par tripatouillage népotiste réussissent à rentrer dans la caste des élus, qui au moins peuvent se targuer de vivre dans l’oasis du désert de misère. En Afrique que l’on soit méritant ou pas, on a toujours besoin d’avoir un parachute, et de très belles godasses, pour réussir quoi que ce soit. Entendez par là, des gens hauts placées qui se chargeraient de défendre vos intérêts.

La déliquescence des Etats de l’Afrique au sud du Sahara a atteint ces dernières années un pic sérieux avec des gouvernants cleptomanes, qui accumulent des mandats électifs comme au Cameroun ou au Congo. En Afrique même ceux qui se targuent d’être démocrates viennent aux affaires par la force des armes et de la politique occidentale souvent très complaisante quand il s’agit de placer l’un de ses agents néocolonialistes, comme ce fut le cas en Côte d’ivoire, où on a souvent évoqué la noblesse de la démocratie pour faire un passage en force des agendas loufoques .

Au début des années 90 en Algérie le Front islamique du salut avait bel et bien gagné des élections de manière claire, aussi bien les élections communales en 1990 que les élections législatives en 1992, qui normalement auraient porté au pouvoir le leader du parti, Abassi Madani. Cependant l’occident avait cru bon de faire fi de ces résultats des urnes, pour financer un coup d’état jetant en prison les fondateurs du parti, Abassi Madani, Ali Benhadj, Hachemi Sahnouni, Saïd Makhloufi, et Abdelkader Hachani. La décennie sanglante qui s’en suivit portait l’estampille aussi bien des forces gouvernementales soutenues par l’occident, que du front islamique du salut avec son groupe islamique armé, qui avait rendu facile les campagnes de dénigrement et de diabolisation à son encontre. Finalement les choses finirent dans l’impasse et le statu quo ; le gouvernement soutenu par l’occident consolidant à l’usure de la guerre son pouvoir, avec un Abdel Aziz Bouteflika qui comme ses homologues du sud du Sahara s’arrangea à traficoter la constitution pour se maintenir au pouvoir ad vitam aeternam, la démocratie fut ainsi envoyée aux oubliettes même si les islamiste eux même auraient eu pour dessein d’imposer un régime dictatorial, il ne reste pas moins vrai qu’une classe politique décida de rester aux affaires indéfiniment avec la bénédiction de l’occident.

Cet exemple illustre la difficulté qu’il y a pour des populations, de trouver leur bonheur dans la politique, car les politiciens en général ne servent que des agendas égoïstes qui sont à des années lumières des intérêts du peuple. Aussi il devient important que le même peuple arrête de légitimer la position oppressante, d’une caste de politicards dans la gestion de leur destin. Il est contradictoire de combattre un système et en même temps de nourrir le même système. En discutant avec ses représentants que peut-on espérer que l’autorité vous entende enfin et que de manière magnanime elle vous octroi des conditions idoines qui réduirait son pouvoir ?

Il est impératif de comprendre que les politiques, sont des adeptes de la science politique, pas de la gestion de la chose publique qui n’est qu’un outil qu’ils emploient dans la réalisation de leur dessein, qui est la capture du pouvoir politique y compris contre le bien du peuple, surtout dans des démocraties sous protectorat occidental, comme celles de l’Afrique subsaharienne, ou dans les démocraties sous protectorat de l’oligarchie industrielle comme dans les démocraties occidentales.

La science politique est à l’opposé de la gestion de la chose publique, cependant le politicien utilise les moyens que lui procure la gestion de la chose publique, pour asseoir son pouvoir qui en général va à l’encontre des intérêts de la populace. En cas de crises qui sont la norme de ce genre de gouvernement qui indubitablement sont cycliques, car les politiques prisent au mépris des intérêts du peuple concordent toujours avec la situation économique qui elle aussi est cyclique, dans le capitalisme dominant qui dirige les Nations occidentales et africaines. Aussi les grèves, les mouvements sécessionnistes et autres qui surviennent au termes d’un cycle, ne servent qu’ à fournir aux politiciens aguerris aussi bien locaux qu’internationaux, une multitude d’option pour manipuler les masses, et surtout rester la clef de voûte du système, car en manifestant ou en envoyant des doléances à un état que l’on sait quand même corrompu, ou en demandant le soutien des Nations occidentales qui ont aidé à pérenniser la situation de misère généralisées sous les tropiques, l’on valide que l’on le veuille ou pas le pouvoir qu’a cet Etat et ses affidés occidentaux, dans la gestion de la vie des citoyens.

Pour en finir avec ce cycle vicieux de revendication insatisfaite et de corruption de l’élite, une solution très simple s’impose, couper à l’Etat corrompu les moyens qu’il récupère de la gestion de la chose publique par un stratagème simple. Organiser la société civile en conglomérat qui petit à petit prendra le contrôle de tous les secteur clef de la vie sociale. La gestion de la santé publique, des travaux publics, de l’éducation, est possible en dehors du gouvernement qui depuis a failli les populations. En plus Il est bien sûr possible de pousser plus loin l’influence de ce conglomérat social, en rachetant y compris par la force de la loi, des parts importantes dans la gestion des entreprises exploitant les ressources minières. Cependant ce conglomérat une fois implanté aurait-il assez de probité morale pour mieux faire que le gouvernement ?

La question reste en suspens car souvent lorsque les choses ne marchent pas dans un pays, les torts sont souvent partagés même si la réalité d’un état interventionniste omniprésent (intervention aussi bien positive que négative) enlève tout bénéfice du doute au gouvernant. Cependant en faisant de chaque citoyen un actionnaire de droit dans le conglomérat gérant la vie publique la démocratie participative ne saurait faillir, car tout un chacun se sentirait concernée par la gestion de la chose publique qui mutatis mutandis deviendrait la leur au point de vue du droit et de l’idéologie.

L’un des plus grands reproches que l’on a souvent fait aux administrations africaines issues de la colonisation, est leur caractère inadéquat avec les réalités locales et traditionnelles. En faisant appel à la solidarité africaine un système de tontine à l’échelle d’un état est possible, les africains au sud du Sahara pour sûre réadapterait ainsi la notion de bien publique, à la notion de bien commun, car l’état depuis toujours est vu comme une entité opprimante, excroissance directe du pouvoir colonial.

Loin d’être une vue de l’esprit des exemples des peuples prenant en main leur destiné existe en Afrique; en occurrence La Nation royale Bafokeng, une petite région de la vallée de Rustenburg située au nord-ouest de la république d’Afrique du sud, dont la population de 150 000 âmes est essentiellement composée de l’ethnie Setswana, dont l'anglais est la seconde langue. Les Bafokeng, forme un groupe tribal très spécial en ce sens qu'ils sont financièrement prospères.

En général les Nations africaines sont devenues dépendantes des aides étrangères, qui en fait sont de prêts remboursables, des boulets honteux à la liberté et au développement, lorsque les pays donateurs, créanciers de faits exigent à être remboursés dans leur propre monnaie, qui est souvent plus forte. Avec la fluctuation des taux de change, le scandale de la détérioration des termes de l’échange et des monnaies esclavagistes comme le F CFA, le système de dette et de traités inégaux nord sud, est simplement un esclavage perpétuel, et les Etats créés par les pouvoirs coloniaux pour les enrichir de manière continue, ne peuvent pas simplement au-delà du mépris des régents en place, servir le bien être des populations locales. Selon un certain adage les armes du maitre d’esclave sont souvent utilisées pour consolider sa maison, et non pour la détruire.

Cependant au-delà du misérabilisme africain qui sait faire la une de la presse main Stream, les Bafokeng, grâce à une gestion rigoureuse des fonds qu’ils cotisèrent et à plusieurs procès qu’ils intentèrent et gagnèrent contre les multinationales exploitant les mines de leur région, ont réussi à conserver le contrôle de leurs ressources naturelles. Tandis que les sécessionnistes camerounais perdent le temps à évoquer les lois internationales qui protègent les peuples indigènes pour des raison politiques, les Bafokeng eux ont plutôt exploité le caractère économique de la législation internationale sur les peuples indigènes, obtenant à coup de procès, de lucratives redevances minières. Avec cette manne financière arrachée aux exploitants occidentaux, les Bafokeng ont créé un fonds d'investissement souverain de plusieurs milliards de dollars, la Royal Bafokeng Development Trust. Un fond souverain qui s’occupe de tous les secteurs clef de la vie des Bafokeng, qui en restant sud-africains, ne sont pas moins fiers d’appartenir à leur ethnie. Les Bafokeng grace au Royal Bafokeng Holding ont construit routes, hôpitaux, écoles, stades de football, et octroient des bourses d’études, dans les plus prestigieuses universités du monde à leurs enfants.

Il est à noter cependant que, loin d’être une entité ethno fasciste, la royale Bafokeng Holding compte de milliers d’actionnaires issus des autres ethnies noires de l’Afrique du sud.

Le chef Igbo il y a quelque temps a commencé à suivre les traces des Bafokeng en intentant une série de procès contre les exploitant des ressources pétrolières de la région du Biafra, tandis qu’au Cameroun les citoyens dits anglophones se révèlent à la longue être de très bons français qu’ils semblent pourtant critiquer, en s’ illustrant comme ces derniers très pointus, dans les joutes politiciennes et les revendications sociales, la France ayant toujours été le pays par excellence des grèves et mouvements sociaux.

Par Hubert Marlin Elingui Jr.

Journaliste écrivain.


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