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  • Hubert Marlin

Interview avec Michael


Bonjour Michael, Flashmag et son lectorat sont très heureux de vous avoir ce mois comme invité vedette. Le temps de cet entretien notre tribune est la vôtre. Alors dites-nous la musique vous y entrez par le Rap pourquoi ?

Michael: Bonjour aux lecteurs de Flashmag! Dans les années 90’, la période où vraiment le rap est partout, je baigne dans cet univers-là, alors j’entre dans la vague tout naturellement avec mes amis de l'époque.

Flashmag: Et pendant que vous aviez fait le choix de poursuivre cette carrière, très jeune en fait, comment avez-vous managé de continuer vos études, et que furent la réaction de vos parents... vous aviez à peine 15 ans et à cet âge-là ce n’est pas toujours évident d’avoir carte blanche ?

Michael: Déja il faut dire que mes parents étaient très occupés, ils n’avaient pas vraiment le temps de suivre tout ce que je faisais. En général, ils se contentaient de regarder mes notes en fin d’année et je m’arrangeais toujours pour les satisfaire de ce côté là. J’arrivais à concilier les deux dont je n’avais pas trop de soucis à ce niveau là.

Flashmag: Comment vos années Rap vont influencer votre parcours musical ? et pourquoi avez-vous décider de faire un retour à la musique afro caribéenne ?

Michael: Les gens avec qui je faisais du rap à savoir le groupe Mafia K'1 Fry avait déjà un background assez impressionnant. J'ai beaucoup appris grâce à eux. J'ai pu voir l'envers du décor du marché musical on dira. Pourquoi je suis revenu à la musique afro caribéenne déja? Il faut dire que le Rap ne me parlait pas vraiment artistiquement. J'avais plus d’amour à donner que des maux à dénoncer, voilà pourquoi je me suis rendu compte que le rap ne cadrait pas trop avec ma personne.

Flashmag: Vous étiez dans la logique faire l’amour et non la guerre, en quelque sorte

Michael: Effectivement

Flashmag: En 2005 vous sortez votre premier album intitulé Michael. s’il fallait dire quelque chose sur cet opus que diriez-vous ? il représente quoi pour votre carrière ?

Michael: C’est le début et la continuité de ma carrière, c’est vraiment cet album qui m’a permis d’être connu, avec le titre "SéChalèw" qui reste un incontournable. Certaines personnes continuent à m’appeler Michael Sé Chalèw d'ailleurs même après 11 ans...

Flashmag: Comme on dit les premiers amours sont les meilleurs.

Michael: Exactement. (Rires)

Flashmag: Après une nomination au Caribbean music Awards et la victoire du DynaMitch d’or vous vous êtes dit ça y est je suis arrivé, ou bien cela était plutôt une incitation à aller encore plus loin comment avez-vous géré cette reconnaissance de vos pairs ?

Michael: Ce fut une première reconnaissance, mais ce n’était pas un point d’aboutissement. J’avais un morceau qui avait bien marché et pour moi c’était que le début. Par la suite, il fallait continuer sur la même lancée mais les choses se montrées un peu plus compliquées. Cela m’a prouvé que ce n’était qu’un petit trophée dans une carrière qui allait être très longue.

Flashmag: En 2007, 2010 et 2012 suivront les album Mes Pensées, Life, et Fruit défendu des albums produits par Section Zouk, Qui confirmeront votre talent et votre tendance Zouk, Kompa, RnB, et Kizomba, en restant de toute manière ancrée dans l’afro caribéen vous avez explorez avec merveille le Ki zomba le Kompa et le RnB à votre avis pourquoi, il fallait rassembler le plus grand nombre de personnes autour de votre musique ou simplement vous avez fait une musique qui représentait qui vous êtes ?

Michael: premièrement c’était mes influences, et puis le Kompa, je l’ai toujours écouté à la maison. Maintenant la Kizomba c’est un peu un métissage tout ce qui est brésilien angolais portugais, bref un métissage ou plutôt une racine du même arbre qui me parlait et cela a plus ou moins fonctionné sur certains titres… mais ça a toujours touché les gens par ce qu’en fait la Kizomba le Zouk ou le Kompa sont des musiques où l’on se retrouve. Ma direction artistique première reste le zouk mais je ne me refuse rien. Maintenant, la Kizomba tout comme le zouk sont des musiques entrainantes, qui se dansent à deux et j'adore! J'aime la sensualité qui se dégage de ces courants musicaux.

Flashmag: En 2012 c'est une cassure. Vous changez de direction artistique, et même de patronyme devenant M I. Vous allez dans une direction inédite, faisant de la dance électro, pourquoi ?

Michael: J'ai voulu prendre des risques, tenter de nouvelles choses et ne pas me reposer sur mes acquis. Ce fut une expérience enrichissante tant humainement qu'artistiquement pour moi.D'ailleurs, les médias français nationaux ont repris en boucle ces titres. Cela a assurément élargi mon public qui n'était que communautaire jusque là.Je promets des surprises dans ce répertoire très bientôt. Restez connectés sur mes réseaux sociaux !

Flashmag: Les musiciens de l’amour comme on se plait à les appeler quand ils font dans votre genre, ont souvent de très bons textes on dirait d’emblée qu’ils savent parler aux femmes. Une question qui me tarabuste et dont certains auditeurs et lecteurs aimeraient savoir, comment vous vous y prenez avec les femmes? Dans votre vie normale vous appliquez la même verve et les mêmes principes pour conquérir les femmes et les garder, ou c’est différent ?

Michael: En fait, cela dépend de la femme. Il y a des femmes à qui l'on peut dire certaines choses, tenir un discours romantique, et d’autres dont ces choses là n’émeuvent pas. Bon moi, avec ma femme je lui parle comme dans mes textes et mes textes ne sont pas trop comme ceux sortis des romans. Mais je ne suis pas pour autant un "bourrin".( Rires). Mes textes parlent des choses de la vie normale, j’essaye d’utiliser les mots que l’on utilise dans la vie de tous les jours et puis bien sûr on y ajoute un rythme et une rime à ces mots pour que cela soit joli à l’écoute.

Flashmag: Elle serait comment la femme qui vous ferait craquer ?

Michael: Celle qui me ferait craquer, c’est celle qui me suivrait et me soutiendrait dans mes ambitions, dans mes projets… et inversement. Ouais, une femme simple et futée en fait.

Flashmag: Qu’est qui ne vous plairait pas chez une femme ?

Michael: Trop de surplus, le superficiel.

Flashmag: La musique c’est quoi pour vous un métier qui vous ferait vivre ou une passion qui vous ferait vibrer ?

Michael: C’est vraiment une passion car ce n’est pas toujours évident de vivre de la musique. De nos jours, tout est difficile, les shows et le reste, donc pour continuer, il faut vraiment être un passionné.

Flashmag: Parlant justement de l’apport de la nouvelle vague de musiciens de Zouk c’est quoi votre ambition marcher sur les traces des aînés comme Kassav ou amener le genre vers une autre direction ?

Michael: On n’amène jamais véritablement quelque chose de nouveau, on refait toujours avec les anciennes choses. Ce que l’on a aujourd’hui, ce sont des choses qui ont été inventé il y a longtemps. La seule chose que l’on fait c’est qu'on y imprime son style. Pour moi, suivre le groupe Kassav serait super car c’est l’un des premiers groupes à avoir vraiment mis la musique Afro caribéenne sur l’échiquier mondial. C’est le tout premier groupe français à avoir atteint un succès planétaire. Maintenant la nouvelle génération de « zoukeurs » qui arrive est complexe. Certains sortent vraiment du lot, et d’autres font n’importe quoi. En tant qu’auditeur, quand j’écoute certaines paroles, certaines fois, je me dis que c’est dommage.

Flashmag: Parlant de cette tendance déplorable, selon vous à qui la faute; aux maisons de production, qui acceptent de mettre n’importe quoi sur le marché, aux artistes qui versent dans la facilité ou au public qui accepte de consommer une pareille musique car c’est quand même le public qui est le dernier censeur ?

Michael: Ce qui est bien c’est qu’on ne peut pas mentir. Les artistes qui sont en décalage avec le public et les messages véhiculés à travers leur musique, ça marche quelques années puis c’est l’oubli, on ne les entend plus, les auditeurs se rendent comptent qu’ils se sont faits bernés. Aussi, grâce à Internet, tout le monde peut chanter, tout le monde peut être producteur. Certains utilisent honnêtement le système et d’autres trichent en gonflant leur popularité de manière artificielle, en achetant des vues, comme on dit ça marche un temps et puis après c’est le blackout car ce sont des imposteurs. Il y a de bons artistes qui subissent le revers et c’est malheureux …

Flashmag: Oui même ici aux USA de grandes vedettes de renommées mondiale y ont eu recours, on se souviens il y a quelques années, de YouTube qui avait décidé d’effacer les vues de certaines vidéos qui étaient frauduleuses. Et cette tendance est aussi visible dans les médias car avec internet il y a pas mal d’information erronées qui circule souvent sur la toile et si vous gérez un organe de presse sur internet il y a de forte chance que votre crédibilité peut être affectée même quand vous avez un scoop.

C’est quoi votre objectif en tant que musicien passer un message ou simplement divertir ?

Michael: Moi je suis plus quelqu’un qui est là pour divertir. Je ne passe pas de message véritable, à part le message d’amour. La musique pour moi, c’est vraiment une passion, je me fais plaisir et j’essaye de faire plaisir aux gens. Ma musique n’est pas vraiment révolutionnaire ou engagée. Le message c’est l’amour la joie la danse… En bref, se faire plaisir.

Flashmag: C’est déjà un engagement quelque part …

Michael: (Rires)… Ah si vous voulez un engagement vers la joie et l’amour

Flashmag: En 2016 vous retournez au Zouk avec votre single Tous les mêmes pourquoi avez-vous pensé revenir à votre source ?

Michael: En fait avant 2016 , j’ai sorti un album intitulé « Elégance » qui est justement beaucoup écouté aux Etats-Unis quand je regarde mes statistiques. Le titre « Elle et moi » qui a une connotation Kompa est très appréciée aux USA en ce moment, mais bon j’aime la musique donc je varie les genres. Mon prochain titre sera sans doute kizomba ou kompa.

Flashmag: Tous Les mêmes est-il un prélude à votre prochain album ?

Michael: Tout à fait c’est en prélude, à mon prochain album que j’intitulerais Think like a man. Un titre inspiré du film afro américain qui s’est très bien comporté dans le monde, l'album racontant vraiment les relations idylliques comme le film. Dans cet album il y aura 4 titres Zouk, 3 Kizomba, et 3 Kompa. Cet album est sensé sortir cette année en 2016 si Dieu le veut, je pense que vous serez les premiers informés le moment venu.

Flashmag: S’il fallait faire quelques indiscrétions sur le prochain album que diriez-vous ? À quoi le public doit s’attendre ?

Michael: Je dirais que l'on a adopté, une autre façon d’écrire, comme ils peuvent déjà le constater dans le single on a fait de l’ancien et du nouveau. En plus je chanterais dans d’autres langues comme le creole Cap verdien. Ça va être un album rempli de mélanges donc j’espère que le public va aimer.

Flashmag: On ne perdra pas le temps à attendre pour déguster ce nouvel opus.

Parlant justement de la production musicale dans les années 70 et 80 et d’aujourd’hui; avant il y’avait pas mal de musiciens de studio qui faisait dans les genres africains ou caribéens et la musique paraissait plus vivante, de nos jours on a des logiciels qui jouent ce rôle, mais y’a-t-il encore des musiciens de studio en France capables justement d’apporter une autre dimension à certaines œuvres ?

Michael: Le problème je le dis honnêtement, il n’y a plus de grands musiciens ou bien ils sont là mais sont inaccessibles. Il y a que des gens qui travaillent sur des ordinateurs. La chance que j’ai ,c’est que je travaille avec un jeune homme qui s’appelle Stéphane O’ney , il est aussi bien habile sur un ordinateur que sur des instruments de studio (guitare, basse et batterie…) C’est l’un des rares musiciens de studio qui restent. C’est vrai, il y a encore des musiciens de talents comme Thierry Delannay, mais Stéphane, il n’a que 26 ans et c’est l’un des rares de la nouvelle génération que je connaisse qui maitrise vraiment son art.

Flashmag: Ne pensez-vous pas que la machine rend la musique un peu trop artificielle, car les albums préparés avec des musiciens qui jouent vraiment ont un feeling différent c’est plus profond. Ne pensez-vous pas qu’il est temps que l’on investisse dans le facteur humain ?

Michael: Il faut déjà comprendre que l’on fait avec les moyens que l’on a. Il y a beaucoup qui ne veulent plus trop investir dans la musique parce que cela ne rapporte pas grand-chose.Face à la pénurie des producteurs , on ajoute la pénurie des musiciens, c’est vrai qu’honnêtement je préfèrerais faire un album rien qu’avec les musiciens. C’est un peu cela le point fort du Kompa et du Zouk, où en général, il y’a des vrais musiciens qui jouent, mais on est obligé de faire avec ce que l’on a financièrement.

Flashmag: Au moment de clore cet entretien avez-vous un mot spécial envers le public ?

Michael: Jaimerais dire déjà merci au public de continuer à me soutenir. Ça fait onze ans que je fais de la musique, et que j’essaye de rester authentique avec moi-même et avec le public. Je remercie aussi Flashmag de m’avoir interviewé. Cela fait un bien fou de savoir que les gens s’intéressent à ce que nous faisons. C’est pour le public que nous faisons de la musique. Vous pouvez aller sur ma page Facebook Twitter et Instagram en tapant « Michael Zouk » pour rester au courant de mon actualité

Flashmag: Michael Flashmag et son lectorat vous disent merci pour cet entretien cordial et ouvert bonne continuation.

Video clip: Tous les Memes

propos receuillis par Hubert Marlin


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